Politique
Crise sociopolitique au Togo : la DMP alerte sur une “fuite en avant” du régime
Depuis vendredi soir, une nouvelle sortie de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) circule massivement sur les réseaux sociaux, relançant les discussions sur la situation politique au Togo. La coalition d’opposition a publié, le 5 décembre 2025, une déclaration particulièrement sévère dans laquelle elle accuse le régime de Faure Gnassingbé de plonger le pays dans une “fuite en avant dictatoriale”. Cette prise de position fait suite aux conclusions de son séminaire organisé en novembre et vise à alerter l’opinion sur “la dégradation continue” de la gouvernance et des libertés publiques.
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Une critique frontale de la Constitution de mai 2024
Face à la presse, les responsables de la DMP ont dressé un diagnostic sans concession. Selon eux, l’adoption de la Constitution du 6 mai 2024, qui instaure la 5ᵉ République, constitue un “tournant antidémocratique” visant à “verrouiller la succession au pouvoir”.
La coalition affirme que ce texte a été imposé “en force et sans référendum”, en violation des articles 59 et 144 de la Constitution de 1992, présentée comme la seule expression légitime de la souveraineté populaire.
Le discours de Faure Gnassingbé du 2 décembre vivement critiqué
La DMP s’est également attaquée au discours prononcé par le chef de l’État le 2 décembre 2025, qu’elle qualifie de “cynisme institutionnel”.
Selon l’opposition, le message présidentiel ignore “les aspirations profondes du peuple” et comporte plusieurs “incohérences”, notamment :
- Incohérences constitutionnelles : invocation de l’ordre constitutionnel alors que la base juridique serait, selon elle, contestée.
- Incohérences politiques : discours sur la paix et la bonne gouvernance en décalage avec les réalités, telles que les arrestations d’opposants et les restrictions de libertés.
- Légitimation de l’impunité : absence de suites judiciaires à des violences, notamment l’attaque du 29 septembre 2024 contre des participants à une conférence citoyenne.
Une dénonciation globale : gouvernance, élites et communauté internationale
Au-delà des questions institutionnelles, la DMP s’alarme d’une mal gouvernance chronique, marquée selon elle par :
- une corruption “systémique”,
- un appauvrissement croissant des populations,
- une gestion opaque des ressources publiques.
La coalition critique également le “silence complice” d’une partie des élites nationales qui, selon elle, refusent d’assumer leurs responsabilités face à l’urgence démocratique.
La communauté internationale n’est pas épargnée. La CEDEAO, la France, l’Allemagne et les États-Unis sont accusés d’entretenir une attitude “ambiguë” ou un soutien “tacite” au régime togolais, malgré les alertes répétées sur les libertés publiques.
La DMP appelle à un “front de libération nationale”
Considérant que toutes les voies institutionnelles sont désormais “bloquées”, la DMP appelle à une mobilisation populaire continue, s’appuyant sur l’article 150 de la Constitution de 1992 qui évoque le devoir de défendre l’ordre républicain en cas de coup de force.
Parmi ses principales revendications :
- la libération “immédiate et inconditionnelle” des prisonniers politiques,
- le retour sécurisé des exilés politiques,
- la création d’un front citoyen de libération nationale,
- l’engagement des forces de sécurité à “rejoindre le camp de la dignité”.
“La victoire est au peuple”, conclut la coalition
Pour la DMP, l’heure est à la détermination. La coalition affirme que seule une mobilisation nationale pourra restaurer la démocratie et mettre fin au “verrouillage antidémocratique”.
Elle conclut sa déclaration sur un message d’unité : « L’avenir du Togo nous appartient tous. La victoire est au peuple. »
