Se connecter avec nous

Actualités

Dapaong : manifestation programmée contre des irrégularités électorales

Dapaong : manifestation programmée contre des irrégularités électorales

À moins d’un mois des élections municipales prévues le 17 juillet 2025, la tension monte à Tône 1, dans la région des Savanes. Trois formations politiques de l’opposition l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et l’Alliance nationale pour le changement (ANC) – ont annoncé une marche de protestation pacifique à Dapaong, le samedi 28 juin 2025, pour dénoncer ce qu’elles qualifient de violations graves du Code électoral.

manifestations

L’objet principal de la mobilisation est la réhabilitation controversée de la liste UNIR à Tône 1, malgré une précédente décision de justice l’ayant invalidée.

Une liste invalidée puis réhabilitée : l’opposition dénonce une « manipulation »

Les fédérations locales des trois partis contestataires s’appuient sur une série d’événements juridico-électoraux qui, selon elles, mettent en cause la crédibilité du processus. Dans une correspondance adressée au préfet de Tône, les partis rappellent qu’ils ont saisi la Chambre administrative de la Cour suprême, laquelle, par l’arrêt n°011-EM-2025 du 12 juin, avait invalidé la liste UNIR Tône 1 pour cause d’inéligibilité manifeste.

Cette inéligibilité concernait notamment Pouguime Kombate, membre de la Commission Électorale Locale Indépendante (CELI) Tône 1-4, dont la candidature violerait l’article 277 du Code électoral, qui interdit à tout membre d’un organe électoral de se porter candidat durant son mandat.

La CENI, se conformant à la décision judiciaire, avait procédé à un nouveau tirage au sort pour repositionner les listes sur les bulletins de vote. Mais le 18 juin, contre toute attente, un nouvel arrêt (n°034-EM-2025) de la Cour suprême est venu réhabiliter la liste invalidée, sans justification claire selon les plaignants. Pour eux, il s’agit d’un revirement juridiquement injustifié et politiquement suspect.

Des modifications jugées illégales après la clôture des candidatures

Outre la présence de candidats inéligibles, les partis protestataires dénoncent aussi des modifications non réglementaires apportées à la composition de la liste UNIR après la clôture du dépôt des candidatures. Parmi les cas relevés :

  • Le remplacement de Kimogso Flindjo, président local de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), par son père, Kossi Flindjo ;
  • Le remplacement de Minlayème Sougle, tête de liste initiale, par Gnimpal Djargui.

Ces substitutions, réalisées hors délai légal, sont considérées comme une violation manifeste de la loi électorale, renforçant la conviction de l’opposition selon laquelle le processus a été manipulé pour favoriser un parti donné.

Une marche annoncée pour défendre l’intégrité du processus électoral

Face à ces faits qu’ils jugent gravissimes, les partis ADDI, DMP et ANC ont décidé d’appeler leurs militants et la population à une manifestation pacifique, prévue pour le samedi 28 juin 2025 à partir de 11 heures. Le point de départ est fixé aux affaires sociales de Dapaong, avec un itinéraire passant par les quartiers Mélina et Haoussa Zongo, pour s’achever au stade municipal.

CSAF

« Cette marche vise à exiger le retrait pur et simple de la liste UNIR Tône 1 et à rappeler l’impératif du respect du droit dans toute compétition électorale », ont précisé les organisateurs.

Ils insistent également sur le caractère pacifique et encadré de la manifestation, qu’ils veulent exemplaire dans un contexte électoral déjà tendu.

Une contestation qui révèle les fragilités du système électoral

Au-delà du cas de Tône 1, cette affaire met en lumière les failles du contentieux électoral au Togo, où les décisions judiciaires peuvent faire l’objet de revirements controversés. L’opposition y voit une instrumentalisation des institutions, alors que les autorités, elles, parlent d’un strict respect des voies de recours.

La mobilisation du 28 juin s’annonce comme un test de la capacité des partis à faire entendre leur voix dans la rue, tout en interpellant la CENI, la Cour suprême et l’opinion nationale sur la nécessité de garantir des élections transparentes, équitables et crédibles.

Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

#Dapaong#
CSAF

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION