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Ayayi Togoata Apédo-Amah démonte le « mythe » de la stabilité des dictatures africaines
Dans une publication récente sur Facebook, l’universitaire togolais Ayayi Togoata Apédo-Amah livre une critique sévère de la notion de « stabilité politique » souvent associée à certains régimes africains dirigés par des présidents à vie.
À travers un texte incisif intitulé « Dictateurs à vie et stabilité politique : le grand mensonge », l’écrivain et enseignant remet en cause ce qu’il considère comme une manipulation du concept de stabilité par les puissances occidentales et les institutions internationales.

Une « stabilité de la peur », selon l’universitaire
Pour Ayayi Togoata Apédo-Amah, la stabilité vantée dans certains pays africains ne repose ni sur le progrès social ni sur le bien-être des populations. Il estime au contraire qu’il s’agit d’une stabilité fondée sur « la terreur », la répression et le maintien des intérêts impérialistes.
Dans son analyse, il affirme que plusieurs régimes autoritaires africains sont maintenus comme modèles de stabilité malgré des réalités marquées par la pauvreté, le chômage, la corruption et les violences politiques.
L’universitaire critique également le rôle d’institutions internationales comme Banque mondiale et Fonds monétaire international, qu’il accuse de cautionner indirectement ces systèmes politiques au nom de la stabilité.
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Une dénonciation des dérives autoritaires
Dans son texte, l’auteur évoque plusieurs pratiques qu’il associe aux régimes dictatoriaux : répressions sanglantes, arrestations de journalistes, harcèlement des activistes de la société civile, coupures d’internet et élections entachées de fraudes.
Selon lui, l’absence de contre-pouvoirs favorise l’impunité, la corruption et le pillage des ressources publiques au profit d’élites locales et d’intérêts étrangers.
« Cette stabilité dont ils parlent est la leur, pas la nôtre », écrit-il notamment, estimant que les peuples africains vivent davantage une instabilité sociale et économique qu’une véritable paix politique.
Une publication qui alimente le débat
Les propos d’Ayayi Togoata Apédo-Amah suscitent de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes saluent un texte « courageux » et « engagé », tandis que d’autres dénoncent une vision jugée trop radicale de la gouvernance politique en Afrique.
Cette sortie intervient dans un contexte où les débats autour de la démocratie, de l’alternance politique et de la gouvernance restent particulièrement sensibles dans plusieurs pays du continent.
Une réflexion sur la gouvernance en Afrique
À travers cette tribune, l’universitaire invite surtout à repenser la notion même de stabilité politique en Afrique. Pour lui, une véritable stabilité devrait être synonyme de progrès économique, de justice sociale, de démocratie et d’indépendance économique, plutôt que de contrôle autoritaire des populations.
Une prise de position qui relance une nouvelle fois le débat sur les modèles de gouvernance et les rapports entre les puissances occidentales et les États africains.
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