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Togo – Manifester n’est pas un crime : entre faim, colère et répression, le peuple réclame justice
À la veille d’un nouveau cycle de manifestations les 16 et 17 juillet 2025, la capitale togolaise s’apprête à connaître une nouvelle poussée de contestation. Les tensions sociales restent vives depuis les récentes manifestations de juin, réprimées dans une atmosphère de violence et de brutalité, suscitant une indignation croissante au sein de la population et de la société civile.

Dans un communiqué diffusé par le mouvement Citoyens Unis pour l’Intégration (CUI), dirigé par le Dr Ekué Gada, l’appel à la mobilisation se veut clair, pacifique et constitutionnel. Pour le CUI, manifester est un droit civique garanti par la Constitution togolaise, et aucun citoyen ne doit être intimidé ou persécuté pour avoir exprimé pacifiquement son opinion.
Quand la faim crie plus fort que la peur
Le contexte de ces mobilisations ne saurait être dissocié des conditions de vie de plus en plus précaires que subissent les Togolais. La cherté de la vie, le chômage des jeunes, les inégalités sociales criantes et l’absence de réponse concrète aux revendications citoyennes alimentent une frustration légitime. Pour le Dr Gada, il ne s’agit pas simplement d’une contestation politique : « Quand la faim parle, la peur recule. »
Les populations descendent dans la rue, non par plaisir, mais par désespoir, parce qu’elles ont le sentiment que leurs souffrances sont ignorées, que leurs voix sont étouffées, et que la seule réponse du pouvoir reste la répression.
Le CUI appelle à une protestation non violente
Conscient du danger que représente tout débordement, le CUI insiste sur le caractère pacifique de la mobilisation. Il appelle les citoyens à ne céder ni à la provocation, ni à la violence, rappelant que les manifestations doivent s’inscrire dans un cadre légal et respectueux de l’ordre public.
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Le mouvement dénonce néanmoins la stratégie de criminalisation systématique de la contestation, à travers des arrestations arbitraires de manifestants ou de simples citoyens accusés à tort. « Ce n’est pas parce qu’un citoyen manifeste, qu’il doit être considéré comme un criminel ou un ennemi de la République », a déclaré Dr Gada.
Des arrestations arbitraires de plus en plus décriées
Dans son intervention relayée notamment par le site Le Neutre, le Dr Gada s’est insurgé contre les méthodes utilisées par les forces de l’ordre. « Ce ne sont pas les militaires, les commandants, les généraux ou les préfets qui doivent décider de qui a le droit de parler ou non. » Ces arrestations, selon lui, ne sont pas fondées sur des enquêtes sérieuses mais sur des considérations politiques et répressives.

Il reconnaît toutefois le droit légitime de l’État à ouvrir des enquêtes en cas de trouble à l’ordre public, mais condamne fermement les dérives, où des citoyens sont enlevés ou intimidés sans procédure légale.
Une demande claire : justice sociale et baisse du coût de la vie
Au-delà de la défense des libertés publiques, le mouvement met en avant les revendications sociales profondes : baisse des prix, accès équitable à l’emploi, fin des passe-droits et d’un système perçu comme inégalitaire. Le gouvernement est appelé à entendre cette souffrance sociale avant qu’elle ne se transforme en une crise plus grave et irréversible.
Dr Gada en appelle à la responsabilité des autorités, leur demandant de mettre en place des mesures urgentes pour améliorer les conditions de vie de la population et désamorcer la colère grandissante.

Un pays à la croisée des chemins
Alors que les manifestations se profilent, l’avenir immédiat du Togo repose sur le choix entre l’écoute et la répression, entre le dialogue et la peur. Le Collectif Citoyens Unis pour l’Intégration souhaite éviter le chaos en soutenant une transition démocratique non violente, mais souligne que la paix sociale ne peut être obtenue sans justice sociale.
Ce cri lancé par les citoyens et les mouvements civiques est un appel à la lucidité politique : le peuple togolais réclame du pain, de la paix et de la dignité, pas des balles ni des prisons.
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