Actualités
Prison civile de Lomé : colère et désespoir, 52 détenus en grève de la faim pour leur liberté
À la prison civile de Lomé, un mouvement sans précédent ébranle le silence des murs. Depuis le 8 novembre 2025, plusieurs dizaines de détenus, considérés comme prisonniers politiques, ont entamé une grève de la faim. Leur objectif est clair : dénoncer leurs conditions de détention et réclamer leur libération immédiate. Cette protestation, initiée par Goma Abdoul Aziz et Koumayi Grâce, attire désormais l’attention internationale. Face à l’inaction des autorités, leur combat devient celui de tous ceux qui croient encore en la justice et la dignité humaine.
À l’origine de cette action courageuse, deux figures emblématiques : Goma Abdoul Aziz, citoyen irlandais d’origine togolaise, et Koumayi Grâce, sage-femme et militante des droits humains. Tous deux dénoncent les abus et le silence des autorités face à leur situation dramatique.
Des conditions de détention jugées inhumaines
Les soutiens d’Abdoul Aziz alertent sur la dégradation inquiétante de son état de santé. Malgré les nombreux appels adressés aux autorités, il n’aurait toujours pas bénéficié des soins nécessaires.
Selon ses avocats, le détenu a été jugé le 3 février dernier, lors d’un procès décrit comme « manifestement inéquitable ». Les défenseurs des droits humains dénoncent une procédure sans preuves solides, ni respect des droits de la défense.
La situation de Koumayi Grâce n’est pas moins préoccupante. Actuellement hospitalisée, elle aurait été, selon le Collectif de soutien, « torturée et détenue à plusieurs reprises » en raison de son engagement militant.
Lire aussi : Togo : une jeune femme de 19 ans brûlée vive à l’acide par l’ex jalouse de son petit ami
Une action soutenue au niveau international
La grève de la faim intervient dans un contexte déjà tendu. En septembre 2025, le Parlement européen a adopté une résolution historique exigeant la libération immédiate de Goma Abdoul Aziz et de tous les prisonniers politiques togolais.
Cependant, aucune mesure concrète n’a encore été prise par les autorités togolaises, plongeant les détenus de la prison civile de Lomé et leurs familles dans une profonde détresse.
Le collectif “Togo Rights & Freedom Network-UK”, basé à Londres, et le Collectif des Prisonniers d’Opinion au Togo ont lancé un appel urgent aux organisations internationales. Leur objectif : obtenir une réaction rapide de la Communauté européenne, de l’Union africaine et des Nations Unies.
“Nos corps deviennent notre dernier cri”
Dans un message transmis depuis sa cellule, Goma Abdoul Aziz a livré une déclaration poignante :
« Nous entamons cette grève de la faim non pas par désespoir, mais par conviction. Quand la justice se tait, nos corps deviennent notre dernier cri. Nous exigeons notre liberté et celle de tous les prisonniers politiques au Togo, sans exception. »
Ces mots résonnent comme un appel au courage et à la dignité face à ce qu’ils considèrent comme une injustice prolongée.
Malgré la fatigue et la souffrance, les prisonniers disent vouloir aller jusqu’au bout, espérant une prise de conscience nationale et internationale.
Un enjeu majeur pour les droits humains au Togo
Cette mobilisation met en lumière la question sensible des droits de l’homme au Togo. Les ONG locales et internationales s’inquiètent d’une recrudescence des arrestations à caractère politique et d’une absence de garanties judiciaires pour les détenus.
Le mouvement de grève de la faim, au-delà de ses initiateurs, symbolise une lutte pour la justice et la dignité humaine. Il interpelle non seulement le gouvernement togolais, mais aussi la communauté internationale sur la nécessité d’agir.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.
