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Togo : France exige la lumière sur les morts lors des manifestions , la diaspora réclame justice

Jean-Noël Barrot achève sa visite à Lomé

Face à la flambée de violences et aux graves violations des droits humains perpétrées au Togo fin juin 2025, la France hausse enfin le ton. Ce mercredi 2 juillet, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fermement réaffirmé l’attachement de la France à la liberté de manifestation et à la liberté de la presse. Un message direct envoyé aux autorités togolaises, sommées de faire toute la lumière sur les crimes commis lors des trois jours de répression du 26 au 28 juin.

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Une interpellation musclée au cœur du Parlement français

C’est le député Aurélien Taché, membre du parti La France Insoumise, qui a porté la voix de la contestation au sein de l’hémicycle. Devant ses collègues et le ministre Barrot, il a dressé un tableau sombre du Togo actuel : sept morts, des dizaines de blessés, des arrestations arbitraires et des actes de torture, le tout orchestré par un régime prêt à tout pour étouffer la jeunesse qui réclame liberté, justice et démocratie.

« Est-ce que nos militaires forment les tortionnaires qui répriment aujourd’hui la jeunesse togolaise ? », a lancé le député dans une intervention percutante, pointant la responsabilité de la France dans le cadre de ses accords de coopération sécuritaire avec le Togo. La question, bien que provocante, reflète un malaise croissant au sein même de la classe politique française face à l’attitude du régime de Faure Gnassingbé.

Une position officielle mais mesurée de Paris

En réponse, Jean-Noël Barrot a reconnu que la France suit de très près la situation sociopolitique au Togo. Il a rappelé que son pays est et restera attaché aux principes universels de liberté d’expression, de manifestation et de presse, tout en appelant le régime togolais à faire toute la lumière sur les événements sanglants de juin.

Mais cette position, bien que saluée par certains, reste jugée insuffisante par une partie de l’opinion publique française et togolaise, qui attend de Paris des actes concrets, notamment la suspension des coopérations militaires et le soutien explicite à une enquête internationale indépendante.

Une censure d’État dénoncée par la communauté internationale

Le régime togolais a tenté, en vain, d’imposer un black-out médiatique en suspendant les médias étrangers comme RFI et France 24, et en restreignant l’accès à Internet. Pourtant, grâce aux réseaux sociaux, de nombreuses vidéos de violences policières, d’enlèvements nocturnes et de scènes de torture ont circulé, alimentant l’indignation.

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Les images de mineurs retrouvés morts dans les lagunes, de jeunes matraqués à domicile ou dans la rue, ont fait le tour du monde. Des ONG comme Human Rights Watch ou Amnesty International commencent à se pencher sur le dossier, tandis que la diaspora togolaise en Europe et en Amérique du Nord se mobilise activement pour porter plainte et alerter l’opinion internationale.

Vers une crise diplomatique ?

Cette prise de position publique de la France, partenaire historique du Togo, pourrait marquer un tournant dans les relations bilatérales. Si Paris pousse plus loin en suspendant certaines coopérations sécuritaires, cela pourrait isoler davantage le régime de Lomé, déjà critiqué par les organisations de défense des droits humains.

Mais pour les Togolais, cette déclaration n’est qu’un début. Nombreux sont ceux qui exigent des sanctions ciblées contre les responsables de la répression, la libération des détenus politiques et l’ouverture d’une enquête internationale sur les crimes commis.

Une jeunesse togolaise debout face au silence

Ce drame togolais, étouffé à l’intérieur par une censure d’État, a trouvé un écho à l’international grâce à la mobilisation de la jeunesse, de la diaspora et de quelques députés courageux. Malgré les intimidations, les voix s’élèvent et les dénonciations s’enchaînent.

Le régime peut bien organiser des « marches républicaines » encadrées et médiatisées, la réalité demeure : un peuple se lève, et le monde commence à l’écouter.

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