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Tchad : un féminicide à N’Gueli après un différend de 1 500 F CFA
Un drame conjugal d’une rare violence a secoué la capitale tchadienne. Dans la nuit du dimanche 7 décembre 2025, une femme a été mortellement poignardée par son époux, un gendarme, dans le quartier N’Gueli, au 9ᵉ arrondissement de N’Djamena. Le différend, selon les premiers éléments, portait sur une somme dérisoire de 1 500 F CFA. L’acte, qualifié de féminicide, suscite une vive indignation et des appels pressants à la justice.
Une dispute domestique qui vire au drame
La victime, Kerdi Joséphine, âgée de 35 ans et mère de deux enfants, a perdu la vie à la suite de coups de couteau portés par son mari, commandant de brigade. Le conflit aurait éclaté autour de la gestion de l’argent destiné à la ration alimentaire du foyer. Selon des témoignages rapportés par Tchadinfos, l’époux avait remis à sa femme une somme de 24 000 F CFA pour les dépenses du ménage.
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Le récit poignant de la famille
Koumabeng Melka, sœur aînée de la victime, est revenue sur les circonstances du drame. D’après elle, Kerdi Joséphine avait utilisé 4 000 F CFA pour la ration du jour, en raison de la présence de manœuvres fabriquant des briques. Le soir, son mari aurait exigé la restitution de l’argent. La victime lui aurait alors remis les 20 000 F CFA restants, expliquant l’utilisation des 4 000 F CFA.
Mais la situation se serait envenimée. Sous la pression et les menaces, le fils aîné du couple aurait tenté d’apaiser les tensions en ajoutant 2 500 F CFA. Malgré cela, le gendarme aurait pris cette somme et continué à réclamer le reliquat de 1 500 F CFA, selon la famille.
Deux coups de couteau fatals
Toujours selon la sœur de la victime, la dispute aurait dégénéré en violence extrême. Kerdi Joséphine aurait reçu deux coups de couteau et succombé à ses blessures. L’agresseur aurait également blessé leur fils aîné, qui a toutefois réussi à s’enfuir pour sauver sa vie.
Indignation et appels à la justice
Le drame a provoqué une vague d’indignation au sein de la population. La famille de la victime réclame que toute la lumière soit faite et que l’auteur présumé réponde de ses actes devant la justice. La ministre de la Femme et de la Petite Enfance a également condamné fermement cet acte qualifié de barbare.
Le suspect interpellé
Après les faits, le corps de Kerdi Joséphine a été déposé à la morgue. Son époux, gendarme en fonction et commandant de brigade, a été interpellé par les forces de l’ordre. Une enquête est en cours afin d’établir les responsabilités et de déterminer les suites judiciaires de ce féminicide, qui relance le débat sur les violences faites aux femmes au Tchad.
