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Guinée : L’ex-président Moussa Dadis Camara bénéficie d’une grâce présidentielle
Le vendredi 28 mars 2025, un décret présidentiel a officialisé la grâce accordée à l’ex-président guinéen Moussa Dadis Camara, condamné pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Cette décision a été prise par le général Mamadi Doumbouya, qui est au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2021. La libération de Camara, après une condamnation à 20 ans de réclusion pour crimes contre l’humanité, survient alors qu’il n’a purgé qu’une partie de sa peine.

Des crimes contre l’humanité et un procès historique
Moussa Dadis Camara avait été reconnu coupable de crimes graves en lien avec la répression violente d’un rassemblement de l’opposition le 28 septembre 2009, qui avait fait au moins 156 morts et des centaines de blessés. Parmi les victimes, plus de 100 femmes avaient subi des violences sexuelles, comme l’avait révélé une commission d’enquête de l’ONU. Cette répression sanglante avait secoué la Guinée et marqué l’histoire du pays, avec des condamnations qualifiées d’avancée significative contre l’impunité.
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Dadis Camara n’était pas le seul impliqué dans ces événements tragiques. Plusieurs membres de son régime militaire avaient également été jugés et condamnés. Parmi eux, l’ancien aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba Diakité, ainsi que Marcel Guilavogui, Moussa Thiégboro Camara et Pivi. Les peines prononcées à leur encontre avaient été saluées par les organisations de défense des droits humains comme un pas en avant pour la justice en Guinée.

La grâce présidentielle, une décision justifiée par des raisons de santé
L’annonce de la grâce de Moussa Dadis Camara a suscité des réactions partagées. Les autorités guinéennes ont justifié cette libération par des « raisons de santé », mais cette décision pourrait être perçue par certains comme un retour en arrière dans la lutte contre l’impunité. Le régime militaire au pouvoir a cependant annoncé qu’il mettrait en place des mesures pour dédommager les victimes du massacre du 28 septembre 2009, dans une tentative de réconciliation nationale.
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L’avenir incertain de la justice en Guinée
Cette grâce présidentielle soulève de nombreuses questions sur l’avenir de la justice en Guinée, notamment en ce qui concerne les autres responsables de la répression de 2009. Si cette décision pourrait offrir une forme de clémence à Dadis Camara, elle risque également de raviver les tensions dans le pays. Les organisations de défense des droits humains et les familles des victimes espèrent que les promesses de dédommagements seront concrètes et que la lutte contre l’impunité continuera malgré les choix politiques actuels.
En attendant, la Guinée se trouve à un tournant, où la mémoire du massacre du 28 septembre 2009 reste vivace et les attentes vis-à-vis de la justice demeurent fortes.
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