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Droits humains au Togo : Trois organisations dévoilent un rapport explosif à la CADHP

Droits humains au Togo : Trois organisations dévoilent un rapport explosif à la CADHP

Alors que le Togo traverse une phase politique tendue, une nouvelle alerte vient raviver les inquiétudes. En effet, lors de la 85ᵉ session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, trois organisations majeures ont dressé un constat préoccupant. Leur analyse, précise et sans ambiguïté, met en lumière une série de restrictions qui fragilisent davantage l’espace civique. Ainsi, entre coupures d’internet répétées, répression des manifestations pacifiques et violations documentées, le rapport présenté à Banjul révèle un durcissement inquiétant. De plus, cette déclaration arrive dans un contexte où les libertés publiques sont déjà sous pression, ce qui amplifie les préoccupations des défenseurs des droits humains. À travers ce décryptage, découvrez pourquoi les ONG estiment que la situation nécessite une action urgente de la CADHP et quelles recommandations elles formulent pour tenter d’inverser la tendance.

Des avancées reconnues, mais deux alertes majeures au Togo

Dès l’ouverture de leur intervention, les ONG saluent les efforts du gouvernement togolais en matière de dialogue avec la société civile. Cependant, elles pointent deux phénomènes qualifiés de “très préoccupants” :
les restrictions d’accès à internet et la répression des manifestations pacifiques.

Ces constats ont été formulés avec le soutien du projet FOE-Togo, financé par l’Union européenne, destiné à renforcer la liberté d’expression dans le pays.

Coupures d’internet : un impact social, économique et démocratique

Entre juin et septembre 2025, plusieurs coupures et ralentissements sévères du réseau internet ont été observés. Les principales plateformes de communication ont été bloquées. Selon la coalition, ces mesures n’ont bénéficié d’aucune justification “légitime ou proportionnée”.

Les conséquences ont été multiples :

  • paralysie de l’économie numérique ;
  • perturbations des transactions financières ;
  • ralentissement des activités commerciales ;
  • difficultés pour les journalistes et défenseurs des droits humains ;
  • restriction massive de la liberté d’expression.

Pour les organisations, ces coupures violent directement l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme, qui protège le droit à l’information. Elles estiment que ces mesures contribuent à “resserrer l’espace civique”.

Manifestations de juin 2025 au Togo : un lourd bilan humain

Autre point d’inquiétude : la gestion des manifestations tenues en juin 2025 sur l’ensemble du territoire. Organisées pour dénoncer la situation socio-politique du pays, elles ont été marquées par une répression sévère.

La coalition documente :

  • au moins 5 morts,
  • 105 arrestations, dont une grande majorité qualifiée d’« arbitraire »,
  • 21 cas de torture, confirmés par des témoignages concordants.

Les organisations évoquent également les conditions de détention à la prison civile de Lomé. Déjà signalées par le Comité contre la torture de l’ONU, elles demeurent préoccupantes. L’ONU a même recommandé la fermeture de cet établissement en raison de conditions jugées inhumaines.

Une tendance au durcissement du climat civique

Pour le CACIT, l’OTM et l’OMCT, ces événements traduisent une “répression systématique” et un recours excessif à la force. Selon leur analyse, les libertés fondamentales sont affectées. Les journalistes, militants, associations et simples citoyens se retrouvent dans un climat d’incertitude, marqué par une confiance fragilisée.

Les ONG rappellent que les défenseurs des droits humains jouent un rôle crucial dans toute société démocratique. Or, leur travail est de plus en plus entravé.

Une série de recommandations adressées à la CADHP

Face à ces constats, les organisations appellent la Commission africaine à encourager le Togo à engager plusieurs réformes structurantes. Parmi les principales propositions, on retrouve :

  • garantir un accès continu et non restreint à internet ;
  • protéger officiellement les journalistes et défenseurs des droits humains à travers une loi d’ici juin 2026 ;
  • créer un cadre de concertation permanent avec la société civile ;
  • harmoniser les lois sur les médias et les réseaux sociaux avec les normes internationales ;
  • libérer les personnes détenues arbitrairement ;
  • mettre fin au harcèlement judiciaire des acteurs civiques ;
  • mener des enquêtes indépendantes sur les cas de torture et de décès ;
  • adopter rapidement le nouveau code de procédure pénale pour réduire la détention préventive.

Ces demandes s’inscrivent dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par des réformes institutionnelles et un renforcement des dispositifs sécuritaires.

Un signal fort envoyé à l’Afrique et à la communauté internationale

Cette prise de parole énergique de la société civile togolaise n’est pas passée inaperçue. Elle intervient à un moment où la CADHP multiplie les appels à la protection des libertés fondamentales sur le continent. Elle rappelle aussi que la stabilité d’un pays repose autant sur la sécurité que sur le respect des droits humains.

Ce nouvel avertissement pourrait ouvrir la voie à des discussions plus approfondies entre le gouvernement et les acteurs civiques. Reste à savoir si les recommandations seront entendues.

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Source : togobreakingnews

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