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Economie

Audit accablant au Port autonome de Lomé : des milliards introuvables et une gouvernance fragilisée

Audit accablant au Port autonome de Lomé : des milliards introuvables et une gouvernance fragilisée

Un audit juridique et fiscal récemment porté à la connaissance du public par le média lalternative.info révèle de sérieuses anomalies au sein du Port autonome de Lomé (PAL), l’une des principales plateformes économiques du Togo. Le document met en évidence des irrégularités financières majeures, des failles juridiques persistantes et une gouvernance jugée peu rigoureuse.

Plus de 7 milliards FCFA sans trace de bénéficiaires

L’un des points les plus sensibles du rapport concerne une enveloppe de 7,037 milliards de francs CFA destinée à l’indemnisation de collectivités détentrices de droits fonciers sur les domaines portuaires. Selon les auditeurs, ces fonds auraient été confiés à un notaire, Me Adjoa Hundt Acquereburu.

Cependant, aucune preuve formelle ne permet d’attester que les montants ont effectivement été reversés aux ayants droit. L’absence de documents contractuels et de justificatifs de paiement expose désormais le PAL à d’éventuels contentieux. Les auditeurs recommandent des vérifications urgentes auprès des services administratifs compétents afin d’établir les responsabilités et d’ajuster les écritures comptables.

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Travaux non réalisés et garanties non exploitées

L’audit met également en lumière une avance de 3,953 milliards FCFA accordée à l’entreprise CECO BTP pour la réalisation de travaux de voiries internes qui, selon le rapport, n’ont jamais été exécutés. Si un remboursement partiel de 2 milliards FCFA a été effectué, le solde restant a été classé en perte par le Conseil d’administration en avril 2019.

Les auditeurs jugent cette décision inhabituelle, notamment en raison de l’absence d’activation complète de la garantie bancaire pourtant fournie par la Société Générale. Ils préconisent l’engagement de procédures légales afin de récupérer les fonds restants.

Une avance ministérielle sans justification depuis 2011

Autre irrégularité relevée : une avance de 250 millions FCFA versée au ministère des Mines en 2011 pour l’acquisition d’un site d’extraction de sable. Plus d’une décennie plus tard, aucune pièce justificative ne permet de retracer l’utilisation de cette somme.

Face à ce manque total de traçabilité, le rapport recommande de comptabiliser ce montant comme une perte définitive.

Défaillances de gouvernance et pertes de revenus

Au-delà des questions financières, l’audit dresse un constat sévère sur la gouvernance du Port autonome de Lomé. Les auditeurs dénoncent l’absence de registres officiels paraphés pour les procès-verbaux, un non-respect des textes statutaires et des risques accrus de manipulation documentaire.

Le contrôle jugé insuffisant des concessions portuaires favoriserait également des pratiques de sous-facturation, entraînant un manque à gagner annuel estimé entre 4 et 5 milliards FCFA.

Une gestion jugée structurellement fragile

En conclusion, les auditeurs, cités par lalternative.info, estiment que le PAL est confronté à des dysfonctionnements structurels profonds. La politisation de la gestion, le déficit de transparence et l’affaiblissement des mécanismes de contrôle interne pèseraient lourdement sur la performance et la crédibilité institutionnelle de cette entreprise stratégique.

Ces révélations relancent le débat sur la nécessité de réformes en profondeur afin de restaurer la confiance et d’assurer une gestion plus rigoureuse du principal poumon économique du pays.

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