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Togo : L’opposition multiplie les actions pour dénoncer la nouvelle Constitution

Togo : L’opposition multiplie les actions pour dénoncer la nouvelle Constitution

Depuis l’adoption de la nouvelle Constitution il y a un an, la tension monte au Togo. Prévu pour entrer en vigueur en mai 2025, ce texte marque un tournant dans l’histoire politique du pays, avec la transition vers la Ve République et l’installation probable de Faure Gnassingbé, président en exercice, à la tête d’un régime parlementaire. Face à cette réforme constitutionnelle, les partis d’opposition et les acteurs de la société civile n’ont cessé d’intensifier leurs actions pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative de renforcement du pouvoir présidentiel.

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Une contestation organisée malgré la répression

Ces dernières semaines, l’opposition togolaise a intensifié ses initiatives pour dénoncer la réforme, multipliant les actions de mobilisation malgré les risques de répression. Parmi les plus notables, la signature de chartes, les conférences de presse et la création du Front de Libération Nationale, un collectif qui regroupe des partis politiques, des associations et des membres de la société civile. L’objectif est clair : susciter un sursaut populaire et contrer les ambitions présumées du président Faure Gnassingbé, dont l’objectif serait de se maintenir au pouvoir au-delà des limites fixées par la Constitution actuelle.

Cependant, la démarche d’unité prônée par le Front de Libération Nationale rencontre des difficultés. Si certains partis politiques et associations ont rejoint l’appel, d’autres n’ont pas répondu, faisant apparaître des fractures au sein de l’opposition. Un fait marquant qui montre bien les divergences qui traversent le camp de la contestation.

Le dilemme de la participation électorale

Une question essentielle divise l’opposition : la participation aux élections sénatoriales, auxquelles le parti au pouvoir a largement triomphé. Le mouvement Touche pas à ma Constitution est l’une des forces les plus radicales du front d’opposition, appelant à la mise de côté des ambitions personnelles pour privilégier un changement profond de système avant toute participation électorale. Selon Nathaniel Olympio, porte-parole du mouvement, « il faut changer la manière dont la lutte est menée. Plutôt que de chercher à prendre le pouvoir et ensuite changer les choses, il faut un changement préalable avant toute participation électorale ».

Cette position traduit une volonté de ne pas légitimer le processus électoral actuel qu’ils jugent manipulé, tant par les institutions que par le pouvoir en place.

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Une répression qui se renforce

La contestation, cependant, s’inscrit dans un contexte de forte répression. Les manifestations sont souvent interdites, et les mobilisations populaires sont freinées par des moyens divers. Un exemple récent en date : un meeting à Lomé, où des centaines de personnes s’étaient rassemblées pour protester contre la réforme constitutionnelle, a été empêché par l’arrestation de plusieurs bus qui transportaient les manifestants. Cette action de blocage symbolise la politique de répression mise en place par le gouvernement togolais. « Le régime ne veut pas que les populations se déplacent. Il a peur », a commenté Eric Dupuy, porte-parole du parti Union des Forces de Changement (ANC). Selon lui, ce n’est un secret pour personne que Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis 20 ans et a modifié la Constitution à son avantage pour assurer sa pérennité.

Le gouvernement défend sa réforme

Face à ces contestations de plus en plus vives, le gouvernement togolais a réagi en défendant vigoureusement la réforme constitutionnelle. Dans une interview accordée à TV5 Monde, les autorités ont assuré que la réforme avait été menée dans le respect des procédures légales et démocratiques. En outre, une campagne de sensibilisation a été lancée pour expliquer les bénéfices du nouveau régime parlementaire, campagne largement relayée par la télévision nationale.

Selon le gouvernement, cette réforme vise à renforcer l’organisation et le fonctionnement de la République, en promouvant une démocratie participative et en modernisant les institutions pour mieux répondre aux besoins du peuple togolais.

La campagne de sensibilisation : un pari risqué

La campagne de sensibilisation, qui a débuté à Kara, dans le nord du pays, vise à expliquer les enjeux de la réforme aux populations. Cependant, cette initiative se heurte à un scepticisme généralisé, notamment au sein des partis d’opposition et des organisations de la société civile. Ces dernières estiment que la réforme ne vise qu’à consolider un système autoritaire et ne répond pas aux aspirations profondes de la population.

La campagne se poursuivra dans plusieurs autres villes du pays, dans un contexte marqué par des tensions croissantes et un climat politique de plus en plus polarisé. En mai 2025, la nouvelle Constitution devrait entrer en vigueur, mais les forces de l’opposition n’ont pas l’intention de se laisser faire et comptent bien continuer à faire entendre leur voix.

L’avenir du Togo en jeu

L’adoption de cette nouvelle Constitution marque un moment charnière pour le Togo. Alors que la révision constitutionnelle fait la part belle au pouvoir exécutif, l’opposition ne cesse de réclamer des réformes profondes et un rétablissement de l’équilibre démocratique. Les mois à venir s’annoncent cruciaux, et le peuple togolais se trouve au centre de cette lutte pour un avenir politique plus juste et plus équilibré. La bataille pour la démocratie et contre un système jugé autoritaire par certains acteurs de la société civile est loin d’être terminée.

Source: TV5 Monde

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