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Bénin : la Constitution révisée, le mandat présidentiel passe à 7 ans
Réunis en séance plénière ce vendredi 14 novembre 2025 sous la présidence de Louis Vlavonou, les députés de la neuvième législature ont adopté la proposition de loi portant révision de la Constitution. Après de longues heures de débats, le vote s’est poursuivi jusqu’au petit matin du samedi 15 novembre. Le verdict est sans appel : 90 voix pour, 19 contre, zéro abstention.
Un résultat d’autant plus marquant que les 22 députés du parti d’opposition Les Démocrates (LD) détenaient, en théorie, les moyens de bloquer la réforme.
Deux changements majeurs pour la vie politique béninoise
Le texte adopté introduit deux grandes innovations :
- la création du Sénat, qui devient la nouvelle chambre haute du Parlement ;
- le prolongement du mandat présidentiel, désormais fixé à 7 ans, renouvelable une seule fois.
Cette réforme constitutionnelle, portée par deux députés de la mouvance présidentielle, avait pourtant été rejetée par Boni Yayi, chef de file de l’opposition. Les divisions internes au sein de LD n’auront cependant pas permis à son camp de peser sur le vote final.
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Un mandat présidentiel rallongé mais strictement limité
Le point le plus commenté concerne la fonction présidentielle. L’article 42 révisé stipule désormais que :
« Le Président de la République est élu pour un mandat de sept ans, renouvelable une seule fois. Nul ne peut, de sa vie, exercer plus de deux mandats présidentiels. »
Cette disposition renforce le principe d’alternance tout en accordant aux futurs présidents un cycle plus long pour mener leurs politiques publiques.
Un Parlement désormais bicaméral
L’autre innovation majeure est la création du Sénat, qui siégera aux côtés de l’Assemblée nationale. Le pouvoir législatif devient ainsi bicaméral. Les députés, de leur côté, passeront également à un mandat de 7 ans renouvelable.
La réforme introduit aussi une mesure drastique :
Tout député quittant le parti qui l’a présenté aux élections perd automatiquement son siège.
Une disposition qui vise à limiter les transhumances politiques, souvent critiquées dans le paysage béninois.
Le rôle stratégique du nouveau Sénat
Composé de sénateurs dont la mission centrale sera la préservation de l’unité nationale, la promotion du développement, la sécurité et la consolidation de la démocratie, le Sénat devient un acteur incontournable.
Les lois votées à l’Assemblée lui seront transmises en même temps qu’au Président de la République, faisant de cette nouvelle chambre un rouage essentiel dans le processus législatif et électoral.
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Une réforme qui touche aussi la décentralisation
La révision constitutionnelle ne se limite pas aux institutions nationales. Les mandats des maires et conseillers communaux sont eux aussi portés à 7 ans, une première dans l’histoire politique du Bénin.
Cette mesure vise à offrir plus de stabilité aux collectivités locales et à renforcer la continuité des projets de développement.
Un tournant historique aux implications multiples
Avec 15 nouveaux articles et 18 articles modifiés, cette réforme marque l’une des plus importantes transformations institutionnelles de l’ère démocratique béninoise.
Si pour ses promoteurs, elle renforcera la gouvernance et la stabilité politique, pour ses détracteurs, elle risque d’accentuer les tensions et de reconfigurer durablement l’équilibre des pouvoirs.
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Source : Investigateurinfos
