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Togo : les élèves appelés à dénoncer la corruption… mais qu’en est-il des dirigeants ?
La rentrée scolaire 2025-2026 s’annonce inédite au Togo : pour la première fois, des modules pédagogiques consacrés à la lutte contre la corruption feront partie du programme des élèves du secondaire. Une mesure saluée par certains comme une avancée éducative majeure, mais critiquée par d’autres qui y voient une opération de communication politique. Car si les jeunes sont désormais formés à dire non aux pratiques illégales, une question dérangeante demeure : ceux qui gouvernent sont-ils prêts, eux aussi, à donner l’exemple ?
Cette innovation vise à ancrer, dès le plus jeune âge, les valeurs d’intégrité, de transparence et de responsabilité, dans un pays où la corruption est souvent dénoncée comme un frein majeur au développement.
Former les enseignants pour sensibiliser les élèves
Pour assurer le succès de cette réforme, une formation spécifique est organisée à l’intention des enseignants. Ces derniers apprennent à utiliser des méthodes pédagogiques interactives, adaptées à l’âge des élèves, afin de vulgariser les notions liées à la corruption.
Ils sont également outillés sur le cadre juridique et institutionnel en vigueur, afin de transmettre un enseignement concret et pertinent. Les cours porteront notamment sur les causes, les manifestations et les conséquences de la corruption, mais aussi sur les mécanismes de prévention et de dénonciation.
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Le discours de la HAPLUCIA : éduquer pour transformer
Le président de la HAPLUCIA, Aba Kimelabalou, a insisté sur l’importance de cette initiative. Pour lui, la lutte contre la corruption ne saurait se limiter aux seules réformes administratives :
« Former les jeunes à la droiture et au mérite, c’est bâtir dès aujourd’hui un avenir où la corruption n’aura plus de place », a-t-il déclaré.
Il considère que l’éducation est l’un des leviers les plus puissants pour transformer durablement les mentalités et éradiquer la banalisation des pratiques illicites.
Des écoles pilotes à Lomé et Kara
La réforme sera expérimentée dans un premier temps dans des établissements pilotes à Lomé et à Kara. Les modules seront intégrés dans certaines disciplines comme l’histoire-géographie et l’éducation civique et morale, mais pourront aussi prendre la forme de cours autonomes dans les cycles supérieurs, notamment universitaires.
Cette phase pilote servira de laboratoire pour évaluer l’efficacité des outils pédagogiques, avant une extension progressive à d’autres régions et établissements du pays.
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Un enjeu citoyen et national
La corruption, perçue comme un phénomène endémique en Afrique de l’Ouest, représente un véritable défi pour les États qui aspirent à la bonne gouvernance. En s’attaquant à ce fléau par l’éducation, le Togo espère former une génération consciente des dangers que représente la corruption sur la cohésion sociale, la justice et le développement économique.
Au-delà de l’école, l’objectif est de créer une société où les jeunes, futurs décideurs et acteurs de la vie publique, intégreront naturellement les valeurs d’éthique et de mérite.
Vers une généralisation de l’initiative
Si l’expérience s’avère concluante, la HAPLUCIA envisage d’élargir ce projet à l’ensemble du pays. Le programme pourrait également inspirer d’autres États de la sous-région, où les appels à renforcer l’éducation citoyenne se multiplient.
Avec cette réforme, le Togo envoie un signal fort : la lutte contre la corruption ne se gagnera pas uniquement dans les institutions, mais surtout dans les salles de classe, auprès des citoyens de demain.
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