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Togo : La messe du 40e jour en mémoire de Jacques Koutoglo interdite par les autorités

Togo : La messe du 40e jour en mémoire de Jacques Koutoglo interdite par les autorités

La messe prévue pour commémorer les 40 jours du décès de Jacques Koami Koutoglo, jeune togolais décédé dans des circonstances encore floues à la fin du mois de juin, ne pourra finalement pas se tenir. C’est le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, qui a officiellement interdit cette initiative portée par la famille du défunt.

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Selon des sources administratives, la décision fait suite à un courrier transmis par le maire de la commune du Golfe 1 à l’autorité préfectorale. Ce document informait de la volonté des proches de Jacques Koutoglo d’organiser une messe de souvenir, comme le veut la tradition chrétienne, pour honorer la mémoire du jeune homme décédé le 27 juin 2025, dans un contexte national particulièrement tendu.

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Un décès survenu en pleine période de tensions

Le nom de Jacques Koutoglo est désormais associé aux manifestations populaires des 26, 27 et 28 juin 2025, qui avaient secoué Lomé et d’autres localités togolaises. Bien que les circonstances de sa mort restent officiellement non élucidées, de nombreux témoignages circulent sur les réseaux sociaux, évoquant une possible implication des forces de l’ordre ou des conditions brutales ayant mené à sa disparition.

Pour l’heure, aucune conclusion judiciaire n’a été rendue, et l’affaire suit son cours devant les tribunaux. Ce flou judiciaire justifie, selon les autorités, l’interdiction de toute manifestation publique ou religieuse liée à ce décès.

« Le décès du jeune homme ne saurait être lié aux manifestations à l’heure actuelle », a précisé le préfet Kossivi Agbodan, ajoutant que les enquêtes sont toujours en cours et qu’aucune action ne doit interférer dans le processus judiciaire.

Une décision controversée

La décision de suspendre une messe religieuse a rapidement fait réagir plusieurs acteurs de la société civile. Pour certains, il s’agit d’une atteinte à la liberté religieuse et au droit au deuil familial, dans un contexte où les familles ont besoin de paix et de consolation.

La famille Koutoglo, profondément affectée, n’a pas encore fait de déclaration officielle. Toutefois, dans les milieux militants et parmi les défenseurs des droits humains, l’émotion est vive. Beaucoup dénoncent une instrumentalisation politique du deuil et une volonté de bâillonner toute tentative de mémoire collective autour des évènements de juin.

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Une mémoire qui divise

Ce n’est pas la première fois au Togo qu’un décès lié (ou supposé lié) à des mouvements de contestation entraîne une crispation entre les familles des victimes et les autorités. Dans le passé, plusieurs cas similaires ont été rapportés, où des funérailles ont été perturbées ou surveillées, dans un climat d’extrême tension.

Certains observateurs estiment que cette mesure d’interdiction pourrait radicaliser davantage l’opinion publique, surtout chez les jeunes, qui avaient été fortement mobilisés lors des manifestations de fin juin.

« Le Togo a besoin de dialogue et de vérité, pas d’interdictions unilatérales », a confié un militant associatif sous couvert d’anonymat.

L’attente d’une vérité judiciaire

En attendant les résultats de l’enquête, la famille Koutoglo devra patienter avant d’honorer officiellement la mémoire de leur fils. Cette situation met en lumière les défis récurrents de gestion des crises post-manifestation au Togo, où la recherche de vérité et la justice pour les victimes restent souvent des revendications centrales des mouvements citoyens.

Alors que les tensions politiques restent palpables dans le pays, l’affaire Koutoglo pourrait devenir un symbole du besoin de réformes démocratiques et d’indépendance judiciaire.

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