Se connecter avec nous

Actualités

Justice piétinée au Niger : Tiani garde en détention le directeur d’Orano

Justice piétinée au Niger : Tiani garde en détention le directeur d’Orano

Au Niger, la détention prolongée d’Ibrahimo Courmo, directeur local du groupe français Orano Mining, plonge le pays dans une inquiétante zone grise juridique. Arrêté le 5 mai 2025 lors d’une perquisition menée dans les bureaux d’Orano à Niamey, l’homme est toujours retenu par la Direction Générale de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DGDSE), sans qu’aucune charge ne soit officiellement formulée contre lui.

csaf

Depuis, ni le gouvernement ni les services de sécurité n’ont communiqué sur les raisons de cette arrestation. Ce silence alimente les soupçons sur les motivations réelles du régime du général Abdourahamane Tiani, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques et économiques avec la France depuis le coup d’État de 2023.

Une détention extrajudiciaire dénoncée

Le groupe Orano, géant de l’uranium très implanté au Niger, n’a pas tardé à dénoncer cette arrestation qu’il qualifie d’arbitraire et hors cadre légal. En réaction, l’entreprise a saisi la justice nigérienne afin d’obtenir la libération de son représentant.

Un premier revers judiciaire est survenu lorsque le juge de première instance a rejeté la requête, estimant que la détention de M. Courmo à la DGDSE n’était pas formellement prouvée. Mais un développement majeur a eu lieu récemment.

La justice tranche… sans effet

La cour d’appel de Niamey a conclu la semaine dernière que la détention du directeur d’Orano Mining était bel et bien illégale : aucun mandat n’a été émis, aucune charge ne lui a été notifiée. Le tribunal a donc ordonné sa libération immédiate.

Cependant, cette décision judiciaire est restée lettre morte. Les autorités nigériennes, en dépit de l’arrêt clair de la cour, refusent d’exécuter la décision. Une attitude qui fait craindre un affaiblissement profond de l’État de droit dans le pays.

CSAF

Un précédent alarmant

Ce n’est pas la première fois que le régime Tiani passe outre les décisions de justice. RFI rappelle qu’en 2024, la même cour avait ordonné la libération provisoire de quatre anciens ministres du président renversé Mohamed Bazoum. Parmi eux, Hama Amadou Souley, ex-ministre de l’Intérieur, est toujours en détention à ce jour.

Ces précédents laissent craindre une instrumentalisation de la justice par le pouvoir en place, qui semble ignorer jusqu’aux plus hautes décisions des tribunaux.

Une inquiétante dérive autoritaire

La situation d’Ibrahimo Courmo, symbole d’un bras de fer entre Niamey et Paris, illustre une dérive préoccupante du régime militaire nigérien. L’indépendance de la justice semble désormais remise en cause, dans un contexte où les droits fondamentaux des citoyens et des résidents étrangers apparaissent de plus en plus menacés.

Alors que le Niger tente de redéfinir ses alliances et sa souveraineté économique, cette affaire jette une ombre sur la stabilité institutionnelle du pays et sur sa crédibilité internationale. À ce jour, ni l’État nigérien ni Orano n’ont obtenu gain de cause. Mais c’est surtout la justice qui semble en sortir fragilisée, voire muselée.

Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

CSAF

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION