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Togo face au cancer : un seul centre, des milliers de vies en danger, l’Etat doit rompre le silence
Au Togo, le cancer tue silencieusement, loin des projecteurs et souvent dans l’indifférence générale. Chaque année, environ 5 500 nouveaux cas sont enregistrés à travers le pays, et plus de 3 000 patients en meurent, selon les données récentes de la Ligue togolaise contre le cancer (LTCC). Face à cette réalité sanitaire alarmante, l’organisation lance un appel urgent aux autorités et partenaires de la santé pour renforcer l’accessibilité aux soins oncologiques.

Un seul centre de radiothérapie pour tout un pays
Le Togo ne dispose actuellement que d’un seul centre de radiothérapie, situé à Lomé, la capitale. Une situation qui pose un sérieux défi d’équité territoriale, surtout pour les populations du nord et des zones rurales. Les patients sont souvent contraints de parcourir des centaines de kilomètres pour recevoir des soins, un trajet éprouvant, coûteux, et parfois incompatible avec l’état de santé des malades.
« Il est inacceptable qu’en 2025, un Togolais doive affronter autant d’obstacles pour accéder à un traitement contre le cancer », déplore un médecin du CHU Sylvanus Olympio. Cette centralisation des infrastructures de soin entraîne non seulement un engorgement du centre de Lomé, mais compromet aussi les chances de survie des patients diagnostiqués trop tard ou incapables de se déplacer.
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Une solution en vue : décentraliser les soins
Pour répondre à cette urgence, la Ligue togolaise contre le cancer recommande l’ouverture de nouveaux centres spécialisés à l’intérieur du pays. Un espoir semble poindre à l’horizon avec l’équipement en cours du Centre Hospitalier Universitaire de Kara pour accueillir un nouveau service de radiothérapie. Ce projet est perçu comme une avancée capitale vers une meilleure répartition des soins de santé dans le pays.
Mais les efforts restent encore à généraliser. La Ligue appelle les décideurs à accélérer la mise en service de ces centres, à former davantage de personnels spécialisés, et à garantir un accès équitable aux médicaments anticancéreux.

Sensibilisation et dépistage : des piliers encore faibles
Au-delà des infrastructures, l’un des grands défis reste le dépistage précoce. Le cancer est d’autant plus redoutable qu’il est souvent découvert à un stade avancé. Pour y remédier, la Ligue mène chaque année des campagnes de sensibilisation, dont la plus connue est « Octobre Rose », axée sur le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus.
Ces actions, bien que louables, restent insuffisantes face à l’ampleur du problème. « Il faut aller plus loin, aller dans les marchés, dans les écoles, dans les villages, et parler aux gens dans leur langue, avec des mots simples », explique un membre de la LTCC. L’éducation sanitaire reste un levier stratégique pour briser les tabous, combattre la stigmatisation, et encourager le recours précoce aux soins.
Un combat collectif contre une maladie silencieuse
Le cancer au Togo n’est pas seulement une question médicale, mais un enjeu de société. Il met en lumière les inégalités d’accès aux soins, les lacunes du système sanitaire, et la nécessité d’un engagement fort des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers.
La Ligue togolaise contre le cancer rappelle que chaque jour compte, chaque action peut sauver une vie. À travers ses plaidoyers, elle exhorte l’État à faire du cancer une priorité nationale de santé publique, à intégrer les soins oncologiques dans la couverture sanitaire universelle, et à soutenir les familles souvent démunies face aux coûts faramineux des traitements.
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