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Tanzanie : une influenceuse risque la peine de mort pour une vidéo humoristique sur TikTok
L’affaire suscite une vive émotion en Tanzanie et au-delà. Niffer Jovin, une jeune créatrice de contenu de 26 ans, est poursuivie pour trahison, un crime passible de la peine de mort, après avoir publié une vidéo humoristique sur TikTok.
Tout est parti d’un challenge viral où l’influenceuse apparaissait en train de danser sur un remix musical imitant la voix de la présidente Samia Suluhu Hassan. Ce qui devait être un simple moment de divertissement s’est rapidement transformé en un dossier judiciaire explosif.
Une accusation de trahison jugée disproportionnée
Arrêtée à Dar es Salaam, la jeune femme a été présentée devant le tribunal de Kisutu, où elle a été inculpée pour trahison, une infraction parmi les plus graves du code pénal tanzanien. Selon le rapport d’audience, Niffer Jovin est accusée d’avoir « conspiré pour semer la haine contre les institutions de l’État » à travers les réseaux sociaux.
Les autorités estiment que sa vidéo « porte atteinte à la dignité et à la sécurité de l’État », une interprétation que beaucoup jugent excessive et répressive.
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Vague d’arrestations et appel au pardon
Niffer aurait été interpellée en même temps que plus d’une vingtaine d’autres personnes soupçonnées d’avoir partagé ou créé des contenus similaires.
Sa mère, Mwanaisha Isaac, a lancé un appel émouvant à la clémence :
« Ma fille est innocente. Elle ne voulait offenser personne. Elle fait vivre toute notre famille grâce à son travail sur les réseaux sociaux. »
Une affaire qui relance le débat sur la liberté d’expression
Sur les réseaux sociaux, l’affaire a provoqué une vague d’indignation. De nombreux internautes tanzaniens dénoncent une atteinte grave à la liberté d’expression et appellent à la libération immédiate de la jeune femme.
Les hashtags #FreeNiffer et #JusticeForNiffer se multiplient, illustrant le malaise grandissant face à la restriction de la satire et de la critique politique dans le pays.
Une justice entre satire et subversion
Cette affaire met en lumière les limites de la liberté numérique en Tanzanie, où les lois sur la cybercriminalité et la trahison sont souvent invoquées pour museler les voix critiques.
Si Niffer Jovin venait à être reconnue coupable, elle risquerait la peine capitale par pendaison, une issue dramatique pour une simple vidéo humoristique qui, selon ses proches, n’avait rien d’offensant.
