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Mariage précoce : au Togo, l’avenir des filles toujours bradé, Lomé tire la sonnette d’alarme

Mariage précoce : au Togo, l’avenir des filles toujours bradé, Lomé tire la sonnette d’alarme

Au Togo, les cris d’alerte se multiplient mais la réalité reste brutale : des milliers de filles continuent d’être livrées au mariage précoce, sacrifiant leur enfance et leurs rêves sur l’autel de traditions rétrogrades et de lois permissives. À Lomé, un dialogue régional vient une fois de plus dénoncer ce fléau qui détruit des vies et hypothèque l’avenir du continent. Mais derrière les discours et les promesses, une question dérange : qui protège réellement ces enfants, quand l’État ferme encore les yeux sur des pratiques interdites par les droits humains universels ?

Un constat alarmant pour les droits des enfants

Lors de son intervention, Antoinette Mbrou, Coordinatrice de WiLDAF-AO au Togo, n’a pas mâché ses mots. Elle a dénoncé une « réalité alarmante », rappelant que le mariage des enfants constitue une violation grave des droits humains fondamentaux. Selon elle, cette pratique compromet non seulement l’avenir des jeunes filles, mais elle perpétue aussi un cycle d’inégalités, de pauvreté et de violences basées sur le genre.
« Tant que des lois continueront d’autoriser ou de tolérer le mariage précoce, nos filles resteront prisonnières d’un système injuste », a-t-elle martelé.

Les lois nationales mises en cause

Le dialogue a particulièrement mis en lumière les lacunes juridiques persistantes dans certains pays de la sous-région. Au Togo comme au Mali, des dispositions légales permettent encore des dérogations à l’âge légal du mariage, souvent sous prétexte de « consentement parental » ou de « circonstances exceptionnelles ». Ces failles ouvrent la voie à des abus et laissent de nombreuses filles vulnérables à des unions forcées.
Les participants ont unanimement appelé les gouvernements à revoir en profondeur leurs législations, afin de fixer et de respecter strictement l’âge minimum du mariage à 18 ans révolus, sans exception.

Une feuille de route pour une harmonisation régionale

Au terme des échanges, une feuille de route commune a été amorcée. Elle vise à harmoniser les textes juridiques dans les différents pays de la région et à garantir une meilleure protection des enfants. Cette démarche s’inscrit également dans le cadre des engagements internationaux pris par les États ouest-africains, notamment en matière de droits de l’enfant et d’égalité de genre.
Les acteurs présents ont insisté sur la nécessité d’impliquer les leaders communautaires, religieux et traditionnels dans ce combat, afin de briser les résistances culturelles et les justifications sociales encore utilisées pour maintenir cette pratique.

Vers un engagement collectif pour la protection des filles

Le mariage des enfants, au-delà d’être une atteinte à la dignité humaine, représente un frein au développement socio-économique de toute la région. Empêcher une fille d’aller à l’école ou de décider de son avenir réduit non seulement son potentiel, mais affaiblit aussi la capacité de son pays à progresser.
À Lomé, ce dialogue a permis de rappeler une évidence : la lutte contre le mariage précoce ne peut être gagnée qu’avec un engagement politique fort, une volonté juridique claire et une mobilisation citoyenne continue.

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