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Grâce présidentielle : l’ASVITTO adresse un message fort au Président du Conseil
La mesure de clémence annoncée à la veille du Nouvel An continue de produire des effets, selon l’ASVITTO, qui appelle toutefois à aller plus loin. La dynamique de décrispation politique engagée par les autorités togolaises à travers la grâce présidentielle de fin d’année se prolonge au-delà du 31 décembre. D’après l’Association des Victimes contre la Torture au Togo (ASVITTO), au moins 75 prisonniers qualifiés de « politiques » ont recouvré la liberté à ce jour.
Dans une publication diffusée le vendredi 2 janvier 2026 sur le réseau social X, l’organisation de défense des droits humains indique que les libérations se sont poursuivies le 1er janvier, avec notamment la sortie de Goma Aziz. Un signal encourageant, estime l’ASVITTO, qui y voit les prémices d’un apaisement, tout en soulignant que la mesure reste partielle.
Une détente dans un climat politique toujours tendu
Cette évolution intervient dans un contexte national marqué par de fortes tensions politiques. Depuis la révision constitutionnelle d’avril 2024 et l’entrée en vigueur du régime parlementaire en mai 2025, le pouvoir exécutif fait face à une contestation persistante de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile.
Ces dernières dénoncent une concentration du pouvoir autour du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, ainsi qu’un rétrécissement de l’espace civique. Les arrestations de militants, d’acteurs de la société civile et de figures de l’opposition tout au long de l’année 2025 ont renforcé les accusations de dérive autoritaire portées contre le régime.
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Des détenus encore derrière les barreaux
Si la grâce présidentielle est présentée par les autorités comme un geste d’apaisement et de réconciliation nationale, les organisations de défense des droits humains jugent que le processus reste inachevé. L’ASVITTO affirme recenser encore 68 prisonniers politiques détenus de manière arbitraire.
Parmi les noms évoqués figurent ceux de Jean-Paul Omolou et de l’ancienne ministre et opposante Marguerite Gnakadé. Le cas de Kpatcha Gnassingbé, figure emblématique de la scène politique togolaise, continue également d’alimenter les débats, entre informations contradictoires sur sa situation et forte charge symbolique. Nous reviendrons à ce propos.
Un appel à inscrire la clémence dans la durée
Dans son communiqué, l’ASVITTO exhorte le chef de l’exécutif togolais à prolonger et élargir cette politique de libération. L’organisation plaide pour une démarche durable visant à « débarrasser les prisons des prisonniers politiques » et à restaurer la crédibilité du pays sur la scène régionale et internationale.
Elle souligne notamment l’impact de ces détentions sur l’image du Togo au sein de la CEDEAO et auprès des partenaires internationaux, appelant à faire de la sagesse politique un levier de normalisation durable.
Entre geste politique et exigence de résultats
Au-delà des chiffres annoncés, c’est une véritable bataille de récits qui se dessine. D’un côté, le pouvoir met en avant un acte humanitaire et politique destiné à tourner la page des tensions. De l’autre, la société civile insiste sur le caractère encore incomplet de l’ouverture amorcée.
À l’aube de l’année 2026, l’ASVITTO réaffirme son appel à la poursuite de la grâce présidentielle, avec l’objectif affiché de parvenir à un « Togo sans prisonnier d’opinion ». Une ambition qui reste, pour l’heure, suspendue à la volonté politique des autorités.
