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Énergie et géopolitique : l’Éthiopie inaugure le plus grand barrage africain

Énergie et géopolitique : l’Éthiopie inaugure le plus grand barrage africain

L’Éthiopie a officiellement inauguré, ce mardi 9 septembre 2025, le Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil. Présenté comme le plus grand ouvrage hydroélectrique du continent, il s’étend sur 1,8 kilomètre de large pour 145 mètres de haut et peut contenir jusqu’à 74 milliards de mètres cubes d’eau. À terme, il doit produire 5.000 MW d’électricité, soit le double de la capacité énergétique actuelle du pays.

Une « révolution énergétique » pour l’Éthiopie

Dans un pays où 45 % des 130 millions d’habitants n’ont toujours pas accès à l’électricité, le GERD est perçu comme un tournant historique. Addis-Abeba mise sur ce barrage pour impulser une véritable « révolution énergétique » et soutenir sa transition vers la mobilité électrique, après avoir interdit l’importation de véhicules thermiques début 2024. Selon le Premier ministre Abiy Ahmed, le projet pourrait rapporter jusqu’à 1 milliard de dollars par an grâce à l’exportation d’électricité vers les pays voisins, pour un coût estimé à 4 milliards.

Une inauguration célébrée en grande pompe

Les festivités ont débuté lundi soir avec un spectacle mêlant lasers, drones et feu d’artifice, diffusé à la télévision nationale et largement relayé sur les réseaux sociaux. Les messages de fierté et d’enthousiasme ont afflué : « Ceci est la vraie prospérité », « On a réussi », ou encore « Nous vaincrons ! ». Depuis la pose de la première pierre en 2011, le projet a traversé les rivalités politiques internes mais reste l’un des rares symboles d’unité nationale dans un pays marqué par de violents conflits, notamment dans les régions du Tigré, de l’Amhara et de l’Oromia.

Les inquiétudes de l’Égypte et du Soudan

Si le barrage incarne un motif de fierté en Éthiopie, il est perçu comme une « menace existentielle » par l’Égypte, qui dépend à 97 % du Nil pour ses besoins en eau. Le président Abdel Fattah al-Sissi a assuré que son pays utiliserait « toutes les mesures prévues par le droit international » pour défendre sa sécurité hydrique. Le Soudan, voisin immédiat de l’Éthiopie, partage également ces inquiétudes, redoutant des impacts sur son approvisionnement en eau.

Médiations internationales sans issue

Depuis plus de dix ans, différentes tentatives de médiation – menées par les États-Unis, la Banque mondiale, la Russie, les Émirats arabes unis et l’Union africaine – se sont soldées par des échecs. Malgré les tensions, les experts jugent « peu probable » un conflit armé ouvert entre l’Éthiopie et l’Égypte. Addis-Abeba se veut d’ailleurs rassurante : « Nous ne voulons pas que le GERD génère des craintes pour eux », a déclaré Abiy Ahmed, insistant sur la complémentarité des barrages éthiopiens, soudanais et égyptiens.

Un symbole de puissance africaine

Au-delà des enjeux régionaux, le GERD s’impose comme un symbole de modernité et d’ascension géopolitique pour l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé du continent. Dans un contexte de fragilités internes et de tensions diplomatiques, ce mégabarrage devient à la fois un pari énergétique, un outil d’influence et un motif de cohésion nationale.

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