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Emmanuel Macron tacle les dirigeants de l’AES : Le président français dénonce une légitimité « démocratiquement nulle »
Dans une interview accordée à TV5 Monde, Emmanuel Macron n’a pas mâché ses mots à l’égard d’Ibrahim Traoré (Burkina Faso), du général Tiani (Niger) et du colonel Assimi Goïta (Mali). Le chef de l’État français a remis en cause la légitimité démocratique de ces dirigeants issus de coups d’État, estimant qu’ils n’ont toujours pas organisé d’élections libres et transparentes, contrairement à d’autres pays africains comme le Gabon.

« On s’est retiré (des pays de l’AES), mais je constate qu’aucun d’entre eux, contrairement à ce qui s’est passé au Gabon, n’est pressé de faire des élections libres », a déclaré Macron.
Des critiques acerbes sur l’appel à la Russie
Dans la même intervention, Emmanuel Macron a critiqué le choix stratégique des dirigeants de l’AES de se tourner vers la Russie pour assurer leur sécurité. Selon lui, les milices russes comme Wagner servent avant tout les intérêts des régimes putschistes.
« Ils ont appelé l’assureur en dernier ressort de leur sécurité et pas de la sécurité de leur peuple, les Russes », a-t-il affirmé avant de dénoncer :
« Ces milices mettent la main sur les ressources, protègent les putschistes, mais ne se battent pas contre le terrorisme. »

L’AES, une coopération en rupture avec la France
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont rompu avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qu’ils accusent d’être inféodée à la France. Les trois pays sahéliens ont ainsi fondé l’Alliance des États du Sahel (AES), une union à la fois économique et militaire, farouchement opposée à l’influence française et occidentale.
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Cette coopération se veut souverainiste et tournée vers d’autres partenaires, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran. En mai 2024, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont annoncé avoir finalisé un projet de texte pour établir une confédération, renforçant ainsi leur alliance stratégique.
Un projet de monnaie commune en gestation
Outre leur volonté d’autonomie politique et sécuritaire, les régimes de l’AES nourrissent également des ambitions économiques. Ils souhaitent à terme créer une monnaie commune pour asseoir leur indépendance financière et s’affranchir de la zone CFA, souvent perçue comme un outil de domination post-coloniale.
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