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Coup d’État avorté au Bénin : Paris dévoile son rôle — Macron se revendique la victoire
Deux jours après la tentative de renversement du président Patrice Talon, la France a décidé de briser le silence. Dans un communiqué inhabituellement détaillé, l’Élysée affirme que Paris a joué un rôle « déterminant » dans la riposte menée par les forces béninoises, allant jusqu’à revendiquer une part du succès de l’opération.
Selon un conseiller d’Emmanuel Macron, la France a fourni un appui en « surveillance, observation et soutien logistique », des services qui auraient permis de localiser, suivre et anticiper les mouvements des militaires putschistes. Une précision qui interroge, tant Paris semble soucieux d’apparaître comme un acteur central de la stabilité régionale.
Macron multiplie les appels et active la coordination régionale
D’après l’AFP, Emmanuel Macron a maintenu plusieurs échanges téléphoniques avec les dirigeants de la région : Patrice Talon, le chef d’État nigérian et le président de la Sierra Leone, président en exercice de la CEDEAO.
Ces consultations avaient pour but d’accélérer la circulation de renseignements sensibles dans les heures critiques de la mutinerie.
Cette hyperactivité diplomatique a été présentée par l’Élysée comme la clé de la désorganisation rapide du camp putschiste. Une communication qui laisse penser que Paris tient à prouver que son influence reste intacte dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest s’éloignent de sa sphère d’influence.
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La CEDEAO déploie sa force en attente à Cotonou
En parallèle, la CEDEAO a lancé une intervention militaire éclair. L’organisation a ordonné le déploiement immédiat de sa force en attente, composée de troupes venues du Nigeria, de Côte d’Ivoire, du Ghana et de Sierra Leone.
Près de 200 soldats nigérians auraient déjà pris position à Cotonou pour appuyer les dispositifs de sécurité autour des institutions stratégiques. Une réponse régionale inhabituelle par sa rapidité, témoignant de la volonté d’éviter à tout prix une contagion putschiste dans la sous-région.
Une matinée de frayeur dans la capitale béninoise
Dimanche 7 décembre au matin, Cotonou s’est réveillée dans la confusion. Des tirs ont éclaté près du port et de la présidence ; des axes stratégiques ont été brièvement bloqués. Des hélicoptères ont survolé les bâtiments sensibles, signalant une situation d’extrême tension.
Un groupe de militaires a ensuite occupé la télévision nationale pour annoncer la destitution de Patrice Talon. Le signal a été coupé puis rétabli quelques minutes plus tard, ajoutant à la panique générale.
Le gouvernement a néanmoins assuré que la situation avait été rapidement maîtrisée.
Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a déclaré que les forces armées sont « restées républicaines » et ont « fait échec à la manœuvre ». Il a invité la population à reprendre calmement ses activités.
Patrice Talon réapparaît et promet une réponse sévère
En soirée, le président Patrice Talon est apparu au palais de la Marina. Souriant, il a déclaré que les auteurs de la mutinerie « ne resteront pas impunis ». Il a salué le professionnalisme des forces loyalistes et a appelé les Béninois à rester unis et vigilants.
