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Burkina Faso–Togo : Damiba extradé, un tournant politique majeur à Ouagadougou

Tentative de déstabilisation au Burkina Faso : l’ex-chef de la junte sous le feu des accusations

Accusé de complot contre le régime du capitaine Ibrahim Traoré, l’ancien président de la transition burkinabè a été arrêté au Togo puis remis aux autorités de Ouagadougou. Une décision lourde d’enjeux sécuritaires et diplomatiques.

Un ex-président arrêté puis expulsé

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la transition du Burkina Faso, a été arrêté le 17 janvier 2026 à Lomé avant d’être extradé vers Ouagadougou le lendemain. Renversé en septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, il vivait en exil au Togo depuis plus de trois ans.
Selon des sources sécuritaires, il a été transféré à bord d’un jet privé affrété par l’Agence nationale des renseignements (ANR) togolaise et remis aux autorités burkinabè.

Une extradition réclamée par Ouagadougou

Cette extradition intervient après plusieurs semaines de pressions exercées par le régime burkinabè sur Lomé. Ibrahim Traoré et ses soutiens accusent Damiba d’avoir orchestré une tentative de coup d’État visant à renverser le pouvoir en place début janvier 2026, avec un soutien extérieur présumé. Le putsch, qui aurait dû être déclenché le 3 janvier, aurait été déjoué par les services de renseignement burkinabè.

Le rôle décisif des autorités togolaises

Informées de ce projet, les autorités togolaises auraient adressé des mises en garde à Paul-Henri Sandaogo Damiba dès le 31 décembre 2025, puis renouvelé l’avertissement début 2026. Face à ce qu’elles considèrent comme une obstination, elles ont finalement opté pour son extradition, estimant que sa présence sur le sol togolais devenait incompatible avec leur positionnement diplomatique.

Un enjeu diplomatique régional

Médiateur reconnu entre les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) et la communauté internationale, le président togolais Faure Gnassingbé a voulu éviter toute accusation de complaisance à l’égard d’un ancien chef militaire soupçonné de déstabilisation régionale. Lomé a ainsi cherché à préserver sa crédibilité sur la scène diplomatique ouest-africaine.

De lourdes charges judiciaires en perspective

À Ouagadougou, Paul-Henri Sandaogo Damiba pourrait être poursuivi pour haute trahison et atteinte à la sûreté de l’État. Ces chefs d’accusation sont passibles de la peine de mort dans le cadre du projet de réforme du Code pénal burkinabè actuellement en discussion.

Source : Africa intelligence

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