Sécurité
« Dark Eagle », la nouvelle arme hypersonique américaine : Moscou et Pékin sous pression
Le Pentagone lève le voile sur une arme hypersonique de dernière génération. Baptisée « Dark Eagle », il s’agit d’un système capable de frapper à environ 3 500 km en un temps record. Selon l’armée américaine, ce système est capable d’atteindre des cibles stratégiques telles que Moscou, Pékin ou Téhéran en moins de vingt minutes, marquant une avancée majeure dans les capacités de frappe rapide à l’échelle mondiale.
D’après un haut responsable militaire, la portée réelle de l’arme atteindrait environ 3 500 kilomètres, soit nettement plus que les estimations précédentes du Pentagone, qui tablaient sur 2 775 kilomètres.
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Des scénarios de déploiement qui inquiètent
Lors d’une présentation tenue vendredi dernier sur la base de Redstone Arsenal, en Alabama, le général Francisco Lozano a détaillé plusieurs scénarios de lancement. Un tir depuis Londres permettrait de frapper Moscou, tandis qu’un lancement depuis Guam viserait la Chine. Depuis le Qatar, Téhéran serait à portée. Cette base militaire est appelée à devenir le futur quartier général du Commandement spatial américain (SPACECOM).
Ces révélations, rapportées par le site spécialisé The War Zone, renforcent l’inquiétude autour de la militarisation accélérée des technologies hypersoniques.
Une précision redoutable et un impact cinétique
Le Dark Eagle se distingue aussi par sa précision extrême. Selon un officier américain, son ogive pèse moins de 13,6 kilogrammes, bien en dessous de nombreux missiles comparables. L’effet destructeur repose principalement sur l’impact cinétique, généré par une vitesse supérieure à Mach 5, plutôt que sur une charge explosive classique.
Une version à fragmentation peut toutefois être employée pour neutraliser des radars, systèmes de défense aérienne ou centres de commandement, faisant du Dark Eagle une arme de désorganisation stratégique.
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Une montée en puissance industrielle en 2025
Malgré des doutes exprimés encore en 2024 sur sa maturité opérationnelle — notamment en raison du manque de cibles d’essai réalistes — l’armée américaine maintient son calendrier. Une première batterie est déjà déployée sur la base interarmées de Lewis-McChord, et une seconde est en préparation.
Actuellement, un système est produit chaque mois. L’objectif affiché est d’atteindre deux unités mensuelles, soit 24 systèmes par an, dès 2025. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, présent lors de la présentation, s’est personnellement informé de l’état d’avancement du programme.
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Une course hypersonique mondiale et un nouvel équilibre stratégique en jeu
Le Dark Eagle n’est pas seul sur ce terrain. La Russie a dévoilé dès 2018 son missile hypersonique Kinzhal (code OTAN : Killjoy), capable selon Moscou d’atteindre Mach 10 avec une portée de 2 000 kilomètres. Utilisé ponctuellement depuis le début du conflit en Ukraine en 2022, le système aurait toutefois été intercepté à plusieurs reprises, selon les autorités ukrainiennes, grâce aux défenses aériennes occidentales.
Avec le Dark Eagle, Washington affirme clairement sa volonté de reprendre l’initiative dans la course aux armes hypersoniques. Cette montée en puissance technologique pourrait redéfinir les équilibres militaires mondiaux, tout en alimentant les tensions entre grandes puissances dans un contexte géopolitique déjà fragile.
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