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Ouganda : face à la rue, Museveni menace et brandit les armes

Ouganda : face à la rue, Museveni menace et brandit les armes

La récente déclaration de Yoweri Museveni suscite une vive inquiétude au sein de l’opinion publique et des observateurs politiques. Face à la contestation de son pouvoir, Museveni trouve une solution assez surprenante : les armes. En effet, dans une déclaration le 17 décembre 2025, à l’adresse de l’opposant Bobi Wine, le président ougandais brandit ouvertement la menace des armes contre toute contestation. Cette déclaration relance le débat sur les dérives autoritaires du régime et, plus encore, sur les méthodes de gouvernance.

Une rhétorique sécuritaire assumée

« Chaque soldat et policier a un fusil avec 120 balles », a lancé Museveni le 17 décembre 2025, en réponse aux appels de Bobi Wine à la mobilisation citoyenne. Cette déclaration, largement relayée, traduit une volonté sécuritaire du maintien de l’ordre, où la supériorité militaire est mise en avant comme principal rempart face à la contestation politique.

Pour de nombreux analystes, ce type de discours marque une rupture avec les principes démocratiques, en assimilant des manifestations civiles à une menace à neutraliser plutôt qu’à une expression légitime du pluralisme politique. En évoquant le nombre de balles dont disposent soldats et policiers pour dissuader toute mobilisation populaire, le chef de l’État a adopté un ton perçu comme une mise en garde à peine voilée contre toute velléité de contestation.

L’opposition assimilée à un danger intérieur

En ciblant directement un leader de l’opposition, le pouvoir ougandais renforce l’idée d’un État qui peine à tolérer la dissidence. Cette posture n’est pas isolée : elle s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs régimes africains de longue durée, où l’opposition est fréquemment présentée comme un facteur de déstabilisation plutôt que comme un acteur institutionnel.

La conséquence est une militarisation du débat politique, au détriment du dialogue, des réformes et de la confiance entre gouvernants et gouvernés.

Le symptôme d’un pouvoir qui se crispe

Après près de quarante ans à la tête de l’Ouganda, Yoweri Museveni incarne les paradoxes des régimes autoritaires africains : une relative stabilité imposée, au prix de la militarisation. Lorsque la légitimité électorale est contestée et que l’alternance semble inaccessible, la tentation de recourir à la menace devient un outil de dissuasion.

Cette sortie présidentielle met ainsi en lumière un malaise plus large : celui de systèmes politiques où la force supplante le droit, et où la longévité du pouvoir nourrit la défiance plutôt que l’adhésion.

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