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Côte d’Ivoire : Chute du dollar ; Plus de 200 000 tonnes de noix de Cajou invendues

Côte d’Ivoire : Chute du dollar ; Plus de 200 000 tonnes de noix de Cajou invendues

La campagne 2025 de la noix de cajou en Côte d’Ivoire s’annonçait prometteuse. Selon Berté Mamadou, directeur général du Conseil Coton Anacarde (CCA), la production prévisionnelle a été revue à la hausse, atteignant 1,3 million de tonnes, contre 1,15 million estimées initialement. Ce bond s’explique par une maîtrise remarquable de la contrebande vers le Ghana et le Burkina Faso, une première en dix ans.

CSAF

Mais les prix s’effondrent : du rêve à la désillusion

Malgré cette embellie sur le plan de la production, la baisse vertigineuse du prix bord champ payé aux producteurs inquiète. En quelques semaines, le prix est passé de 425 FCFA/kg à 200–300 FCFA/kg, entraînant une crise de liquidité chez les planteurs.

« Nous avons très bien commencé la saison… mais depuis 3 semaines, tout est devenu compliqué », a déploré Berté Mamadou.

Les causes : le dollar en chute et Washington taxe Hanoï et New Delhi

Deux facteurs principaux expliquent cette crise :

  • La chute du dollar américain, qui fragilise les contrats signés à un taux de 620 FCFA/USD, alors que le taux est désormais à 555 FCFA/USD ;
  • La hausse brutale des droits de douane américains sur les produits en provenance du Vietnam (+46%) et de l’Inde (+26%), deux pays majeurs dans la transformation et l’exportation de l’amande de cajou vers les États-Unis.

Ces nouveaux tarifs ont conduit plusieurs acheteurs asiatiques à suspendre leurs activités en Côte d’Ivoire, jugeant le marché désormais non rentable.

Le retrait des acheteurs asiatiques gèle le marché

Des responsables vietnamiens et indiens ont confirmé à Reuters leur retrait temporaire du marché ivoirien :

« Nous sommes en perte totale si nous continuons », a déclaré un cadre vietnamien.
« Nous avons décidé de suspendre les achats et les exportations », a confirmé un responsable indien.

Ce retrait a entraîné l’arrêt brutal des achats de cajou en Côte d’Ivoire, menaçant la commercialisation des 200 000 tonnes encore détenues par les producteurs.

CSAF

Transformation locale : une réponse partielle à la crise

Face à cette impasse, la transformation locale semble représenter un levier de stabilisation. Les transformateurs ivoiriens ont, pour la première fois, acheté plus de 650 000 tonnes, contre 300 000 tonnes l’année précédente. Une évolution significative, mais encore insuffisante pour absorber l’ensemble de l’offre.

Le CCA annonce des mesures d’urgence

Pour éviter une catastrophe sociale et économique, le CCA envisage un plan de soutien. Il prévoit :

  • L’achat total du stock résiduel détenu par les producteurs ;
  • La mise en place de mécanismes logistiques pour faciliter l’enlèvement des stocks ;
  • Des recommandations pour le bon stockage des noix, en attendant leur rachat.

« Les producteurs doivent conserver leurs produits dans de bonnes conditions de stockage. Dans les jours à venir, ces stocks seront enlevés », a assuré M. Berté.

Une filière entre résilience et turbulences

Alors que la Côte d’Ivoire s’impose comme le premier producteur mondial de noix de cajou, les aléas géopolitiques et monétaires rappellent la fragilité de la dépendance aux marchés extérieurs. La transformation locale apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique pour assurer la souveraineté économique de cette filière vitale.

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