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Présidentielle Côte d’Ivoire : plus de 200 personnes arrêtées lors de la manifestation de l’opposition
À quinze jours de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, la tension monte à Abidjan. Plus de 200 personnes ont été arrêtées samedi 11 octobre lors d’une manifestation de l’opposition, dispersée à coups de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre.
L’événement s’est produit alors que le président sortant et candidat, Alassane Ouattara, lançait officiellement sa campagne à Daloa, dans le centre du pays, pour un quatrième mandat.
Une manifestation interdite par les autorités
La marche, interdite la veille par la préfecture d’Abidjan pour des raisons de « maintien de l’ordre public », a tout de même été maintenue par l’opposition. De petits groupes de manifestants se sont rassemblés dans les quartiers de Saint-Jean et de Blockhauss, scandant des slogans en faveur de la démocratie et contre la candidature d’Alassane Ouattara.
« Son temps est arrivé, il n’a qu’à partir », a déclaré Marie Rolande Gouho Zion, quadragénaire présente sur les lieux.
Selon le ministre de l’Intérieur Vagondo Diomandé, 237 personnes ont été interpellées au total. Les forces de l’ordre, massivement déployées, ont procédé à plusieurs dispersions musclées. Des journalistes couvrant la manifestation ont également été pris à partie, leurs équipements saisis et certaines images effacées.
L’opposition dénonce des « arrestations arbitraires »
Simon Doho, président du groupe parlementaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam, a fustigé des « arrestations arbitraires » et mis en garde contre des « risques graves pour la stabilité de la nation ».
De son côté, Sébastien Dano Djedje, secrétaire exécutif du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, a dénoncé une « paix imposée par les armes ».
Les deux responsables affirment n’avoir pas pris part à la manifestation, ayant été « empêchés » par le dispositif sécuritaire déployé dans la capitale économique.
Retour au calme après les affrontements
En fin d’après-midi, la situation s’est stabilisée. « La situation est globalement calme sur l’ensemble du territoire », a confirmé une source sécuritaire. Mais l’incident illustre le climat politique tendu qui prévaut depuis le rejet, en septembre, par le Conseil constitutionnel, des candidatures de plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.
À Daloa, Alassane Ouattara lance sa campagne dans une ambiance festive
À plus de 300 kilomètres de la capitale, le contraste était saisissant. Au stade de Daloa, Alassane Ouattara a donné le coup d’envoi de sa campagne devant plusieurs milliers de militants enthousiastes.
Sous le slogan « ADO pour une grande Côte d’Ivoire », banderoles, tee-shirts et ballons géants ornaient les tribunes.
« J’adore cette Côte d’Ivoire qui unit femmes et hommes de différentes communautés », a déclaré le président-candidat, vantant ses réalisations en matière d’infrastructures, notamment la construction d’une université à Daloa et la future autoroute reliant la ville à Yamoussoukro.
« Le 25 octobre, nous voterons la stabilité, la paix et la continuité », a lancé pour sa part Mamadou Touré, président de la région.
Cinq candidats en lice pour un scrutin à haut risque
Cinq candidats sont officiellement en lice pour ce scrutin à haut enjeu. Face à Alassane Ouattara figurent notamment Jean-Louis Billon, dissident du PDCI, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou.
Tous promettent une alternance démocratique et dénoncent une concentration du pouvoir entre les mains du président sortant.
Les prochains jours s’annoncent décisifs pour la stabilité politique du pays, alors que la campagne électorale vient tout juste de commencer dans un climat de méfiance et de crispation.
