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Côte d’Ivoire : Environ 700 arrestations après la marche du Front Commun PDCI–PPA–CI
La capitale économique de la Côte d’Ivoire a connu, le 11 octobre 2025, l’un des épisodes les plus marquants de cette campagne présidentielle : la marche interdite organisée par le Front Commun PDCI–PPA–CI. Malgré l’arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement, des centaines de manifestants ont tenté de se mobiliser dans les rues d’Abidjan, entraînant l’arrestation d’environ 700 personnes, selon le procureur Koné Braman Oumar. Ce chiffre témoigne de l’ampleur de la mobilisation et de la tension qui règne dans le pays à moins de deux semaines du scrutin. Entre défiance, répression et avertissements adressés à la jeunesse, cet épisode soulève des interrogations sur l’état de la démocratie et la sécurité avant l’élection présidentielle.
Arrestations massives et réquisitions sévères
Selon le procureur Koné Braman Oumar, magistrat hors hiérarchie, « pour le moment, nous avons interpellé environ 700 personnes ». Il a précisé que son parquet « aura la main lourde » lors des réquisitions à l’audience des personnes arrêtées, soulignant la fermeté de la justice ivoirienne face aux manifestations non autorisées.
Les arrestations ont été effectuées pour « non-respect d’un arrêté préfectoral » et pour « acte de défiance envers l’autorité de l’État », selon les autorités. Les forces de sécurité ont veillé à ce que le maintien de l’ordre prime, afin d’éviter toute escalade pouvant déstabiliser la capitale économique du pays.
Un avertissement à la jeunesse
Le procureur a mis en garde la jeunesse contre toute manipulation politique. Il a déclaré :
« Je voudrais attirer votre attention et lancer un appel à la jeunesse. Vous êtes ceux qu’on a invités à envahir les rues. Pensez à votre avenir. Ne sacrifiez pas votre carrière pour des hommes politiques cachés derrière des caméras, qui vous appellent à l’insurrection. »
Cet avertissement s’inscrit dans un contexte où la participation des jeunes à la vie politique est très encadrée, et où le gouvernement entend prévenir tout risque de débordement. Le procureur a insisté sur la responsabilité individuelle et la vigilance face à l’influence politique extérieure.
La marche interdite et ses motivations
La marche du Front Commun PDCI–PPA–CI visait à protester contre le rejet des candidatures de personnalités politiques telles que Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam par le Conseil constitutionnel. Bien que l’événement ait été interdit par arrêté préfectoral, les organisateurs ont maintenu leur intention de mobiliser les citoyens dans plusieurs villes du pays.
Cette initiative de l’opposition intervient dans un climat de méfiance et de défiance envers l’autorité de l’État. Elle souligne également la polarisation politique autour des enjeux électoraux, exacerbée par les annonces officielles du Conseil constitutionnel concernant les candidats autorisés à concourir à la présidentielle.
Vers une élection présidentielle sous tension
À moins de deux semaines du scrutin, l’annonce de ces arrestations massives et les mises en garde du procureur révèlent une Côte d’Ivoire à la croisée des chemins. Le pays se prépare à un processus électoral qui s’annonce complexe, marqué par des tensions entre le pouvoir et une opposition déterminée à faire entendre sa voix.
La réaction des partis politiques et de la société civile dans les jours à venir sera déterminante pour la stabilité du pays et pour la perception de la transparence et de l’équité du scrutin présidentiel
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