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Manifestations interdites en Côte d’Ivoire : une décision explosive qui fait trembler la scène politique

Manifestations interdites en Côte d’Ivoire : une décision explosive qui fait trembler la scène politique

À une semaine du scrutin présidentiel, la Côte d’Ivoire entre dans une phase de tension politique accrue. Le gouvernement a pris une décision majeure : toutes les marches, manifestations et meetings politiques sont désormais interdits pour deux mois, sauf ceux qui s’inscrivent dans le cadre officiel de la campagne présidentielle. Cette mesure, annoncée dans un arrêté conjoint des ministres de l’Intérieur et de la Défense publié hier soir, suscite un vif débat au sein de la classe politique et de la société civile.

Une interdiction justifiée par des violences récentes

L’arrêté intervient dans un contexte tendu, marqué par des heurts survenus la semaine dernière à Abidjan et plusieurs incidents enregistrés à l’intérieur du pays. Selon les autorités, ces événements auraient mis en péril l’ordre public et la sécurité nationale.
Plus de 700 personnes ont été interpellées ces derniers jours, et une cinquantaine de manifestants ont été condamnés à trois ans de prison ferme, illustrant la fermeté des autorités face aux troubles.

Le ministre de la Justice a justifié cette interdiction en affirmant que les manifestations organisées depuis le 11 octobre 2025 revêtent un « caractère subversif », visant selon lui à entraver la tenue normale de l’élection présidentielle. « Nous devons garantir un climat apaisé pour le bon déroulement du scrutin », a-t-il insisté lors d’une déclaration publique.

Opposition : « Une volonté de bâillonner la société civile »

Du côté de l’opposition, la réaction ne s’est pas fait attendre. Simon Doho, député et porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dénonce une décision liberticide.

« Autant instaurer l’état d’urgence si personne ne peut plus faire campagne », a-t-il ironisé, estimant que l’arrêté revient à museler l’opposition et la société civile en pleine période électorale.

Pour lui, cette mesure est une tentative claire de réduire au silence toutes les voix critiques alors que le pouvoir déroule sereinement sa campagne.

La société civile rappelle les droits constitutionnels

La Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho) a également pris position. Dans un communiqué, elle rappelle que la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement sont garantis par la Constitution ivoirienne.
Son président, Willy Neth, met en garde contre une radicalisation des positions :

« Interdire les manifestations dans ce contexte ne fera qu’attiser les tensions et durcir les postures des deux camps. »

Selon lui, une telle décision pourrait créer un climat d’exclusion, nourrissant la frustration des opposants et des militants.

Un contexte électoral sous haute tension

Cette interdiction intervient alors que la campagne présidentielle bat son plein, avec des candidats qui multiplient les déplacements à travers le pays. Si les meetings dans le cadre de la campagne officielle sont autorisés, toute autre forme de rassemblement politique ou citoyen est désormais proscrite jusqu’à la fin de la période électorale.

Le ministre de la Justice a rappelé que les arrêtés d’interdiction peuvent être contestés devant le Conseil d’État, laissant une ouverture juridique aux formations politiques ou associations qui souhaiteraient les contester.

Entre sécurité et libertés publiques, un équilibre fragile

L’enjeu pour le gouvernement ivoirien est de préserver la sécurité nationale à l’approche d’un scrutin crucial, tout en évitant d’apparaître comme répressif vis-à-vis de ses opposants.
Mais pour de nombreux observateurs, cette décision pourrait au contraire durcir le climat politique et compromettre la sérénité du processus électoral.

La Côte d’Ivoire, qui a déjà connu des périodes de tensions post-électorales dans son histoire récente, se trouve donc une nouvelle fois face à un équilibre délicat entre maintien de l’ordre et respect des libertés fondamentales.

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Source : rfi

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