Actualités
Bénin : l’Assemblée nationale valide la révision constitutionnelle et ouvre la voie au Sénat
Le vendredi 14 novembre 2025 marque un tournant politique au Bénin. Les députés ont approuvé la proposition de loi révisant la Constitution, un texte porté par Aké Natondé (UP le Renouveau) et Assan Séïbou (Bloc Républicain), deux figures de la majorité. Avec 87 voix pour et 22 contre à la phase de recevabilité, puis 90 pour et 19 contre lors du vote final, le Parlement a donné son feu vert à la création d’une nouvelle institution : le Sénat.
Un projet controversé dès son annonce
L’idée de créer un Sénat ne fait pas consensus. Les critiques sont immédiates et nombreuses. Pour une partie de la population, l’institution risque de devenir un organe coûteux, sans impact réel sur l’efficacité démocratique. À l’opposition, la mesure est perçue comme une manœuvre politique visant à consolider le pouvoir en place plutôt qu’à moderniser le système institutionnel.
Même au sein des élites juridiques, les avis restent mitigés. D’anciens présidents de la Cour constitutionnelle, comme Robert Dossou ou Théodore Holo, ont choisi la prudence : aucune prise de position tranchée, ni pour ni contre, laissant le débat ouvert.
Lire aussi : Sénégal : Pourquoi Ousmane Sonko est remplacé à la primature ?
Un Sénat composé de figures de l’État
Selon le texte voté, le futur Sénat sera constitué de personnalités ayant déjà occupé de hautes fonctions : anciens présidents de la République, anciens présidents du Parlement, de la Cour constitutionnelle, et anciens chefs d’état-major. L’objectif affiché : mettre l’expérience politique et institutionnelle de ces figures au service de la gouvernance nationale.
Reste à savoir si cette structure trouvera réellement sa place dans un système déjà fragile et en quête d’efficacité.
Boni Yayi monte en première ligne
Parmi les opposants les plus virulents, l’ancien président Boni Yayi ne décolère pas. Pour lui, « la création du Sénat n’est ni opportune ni légitime ». Il accuse la réforme de s’éloigner des aspirations populaires et la décrit comme profondément « antidémocratique ». Son parti, Les Démocrates, avait d’ailleurs appelé ses élus à rejeter fermement la proposition.
Un avenir institutionnel encore incertain
Avec cette adoption, le Bénin s’engage vers une transformation de son architecture politique. Les partisans y voient une opportunité de renforcer l’équilibre des pouvoirs. Les détracteurs dénoncent un dispositif coûteux et inutile.
La véritable portée de cette réforme dépendra des textes d’application et de la manière dont le Sénat exercera ses prérogatives. Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer.
