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Baccalauréat derrière les barreaux : 14 détenus misent sur l’éducation pour rebondir

Baccalauréat derrière les barreaux : 14 détenus misent sur l’éducation pour rebondir

Une session d’examen pas comme les autres a débuté cette semaine au Congo, dans un lieu où l’espoir côtoie la rédemption. Derrière les murs de la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville, quatorze détenus dont treize hommes et une femme affrontent les épreuves écrites du baccalauréat général 2025. Un symbole fort d’une volonté de réinsertion par le savoir, dans un environnement où l’avenir semble trop souvent confisqué.

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Un centre d’examen au cœur du système carcéral

Mardi 17 juin 2025 marque le lancement officiel des épreuves, avec les mathématiques en première ligne. Le site a été exceptionnellement aménagé pour l’occasion, afin de garantir un cadre de composition digne et sécurisé. Le coup d’envoi a été donné par le colonel-major Jean-Blaise Komo, directeur général de l’administration pénitentiaire, délégué par le ministre de la Justice.

Dans son discours d’ouverture, le haut responsable a salué l’engagement des candidats et de l’équipe encadrante, tout en insistant sur le caractère transformateur de l’éducation. « Leur seule mission ici, c’est d’apprendre », a-t-il déclaré avec force. « C’est pourquoi nous insistons sur la discipline, la concentration et l’espoir d’un avenir meilleur ».

Neuf mois pour se reconstruire

Ces candidats à la double peine – pénale et académique n’ont pas ménagé leurs efforts. Leur préparation s’est étalée sur neuf mois, d’octobre 2024 à juin 2025, dans un programme scolaire adapté, encadré par des enseignants volontaires. Alfred Mouzezo Mbala, responsable du centre d’examen au sein de la prison, a souligné l’importance de cet accompagnement : « C’est maintenant que l’on va évaluer si les efforts pédagogiques ont porté leurs fruits. L’objectif est de mesurer le niveau réel atteint par ces candidats qui ont suivi un cursus exigeant, dans des conditions particulières. »

Le bac comme point de départ d’un nouveau chemin

Si les grilles sont fermées, les esprits, eux, restent ouverts. Pour ces détenus, passer le bac, c’est plus qu’un simple examen : c’est une passerelle vers la dignité retrouvée. Certains espèrent reprendre des études à leur libération, d’autres envisagent de transmettre à leur tour ce qu’ils ont appris. « Cette épreuve, c’est un tournant pour moi », confie un des candidats anonymement. « Je veux prouver à ma famille, et à moi-même, que je peux rebondir. »

Le sentiment d’espoir est partagé. Les surveillants, enseignants, et responsables de l’administration pénitentiaire soutiennent activement cette démarche éducative. « Il ne s’agit pas de donner une seconde chance à tout prix », explique un enseignant impliqué dans le projet, « mais d’offrir un horizon à ceux qui montrent la volonté de changer. »

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Un engagement durable de l’État congolais

Depuis 2017, les autorités congolaises ont intégré la préparation au baccalauréat dans le programme de réhabilitation des détenus. Une démarche volontariste qui place l’éducation au cœur des mécanismes de réinsertion. L’année dernière, treize détenus avaient déjà tenté leur chance, dont un dans la prison de Dolisie.

Au-delà du nombre de candidats ou des résultats attendus, c’est la symbolique du geste qui compte : permettre à ceux qui ont fauté de reconstruire leur vie autrement que par la récidive. Cette politique éducative derrière les murs de la prison apparaît comme un levier puissant pour briser le cycle de l’exclusion et de la marginalisation.

Une initiative à élargir ?

Face aux retombées positives de cette expérience, certains acteurs plaident pour son élargissement à d’autres établissements pénitentiaires du pays. Si la réinsertion sociale commence par la connaissance, alors chaque détenu volontaire devrait pouvoir, un jour, disposer des mêmes outils pour se reconstruire.

Le bac, ce rite de passage vers la vie adulte, devient ainsi un symbole de rédemption. Et dans ces salles de classe improvisées derrière les barreaux, l’école reste un rempart contre la fatalité.

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