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Togo : Rumeurs de libération partielle des prisonniers politiques ? La grève de la faim d’Aziz Gomah relance la controverse

Togo : Rumeurs de libération partielle des prisonniers politiques ? La grève de la faim d’Aziz Gomah relance la controverse

Les couloirs politiques de Lomé bruissent de rumeurs : certains prisonniers politiques auraient discrètement retrouvé la liberté. Mais alors que le pouvoir reste silencieux sur le sujet, une voix s’élève avec force derrière les barreaux. Aziz Gomah, figure emblématique de la contestation, a entamé une grève de la faim pour dénoncer ce qu’il considère comme une injustice flagrante. Entre espoirs de libération partielle, manœuvres en coulisses et tensions grandissantes, le Togo se retrouve une fois de plus au centre d’un débat explosif.

Toutefois, aucune communication officielle n’a encore confirmé ces informations. Entre rumeurs et attentes, l’opinion publique reste partagée entre espoir et scepticisme.

Une population carcérale politique alarmante

À ce jour, le Togo compte environ 106 prisonniers politiques recensés, toutes catégories confondues. Parmi eux, 10 sont décédés en détention, la plupart à la suite de tortures ou de conditions de détention inhumaines.

L’un des cas les plus marquants reste celui de Karrou Wawim, arrêté le 21 décembre 2018 et décédé en prison le 7 février 2025. Il faisait partie du groupe dit « Aziz Gomah », composé de 14 détenus, tous jugés et condamnés. Avec Kpatcha Gnassingbé et le commandant Atti, arrêtés en 2009 et condamnés en 2011, on dénombre au total 16 prisonniers politiques déjà jugés et théoriquement éligibles à une éventuelle libération.

Les fantômes des « complots » judiciaires

Au-delà de ces cas, un autre groupe de détenus reste sans jugement : les présumés membres de la « Tigre Révolution », arrêtés fin 2019. Ce dossier illustre la pratique des détentions arbitraires, souvent justifiées par des accusations de complot. Parmi eux figurait Traoré Léila, arrêtée alors qu’elle allaitait son bébé.

De nombreux observateurs estiment que ces affaires sont nées de la volonté du régime de prévenir toute réédition du soulèvement du 19 août 2017, initié par le Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam. Des « complots » fabriqués de toutes pièces auraient ainsi servi de prétexte pour neutraliser des opposants.

Les cas emblématiques qui divisent

Certains détenus politiques symbolisent à eux seuls la question de l’injustice et de l’arbitraire au Togo :

  • Jean-Paul Oumolou, militant de la DMK résidant en Suisse, enlevé en novembre 2021, est détenu au SCRIC depuis près de quatre ans sans procès.
  • Sokpo Honoré Sitchopé dit Affectio, juriste et activiste, arrêté en janvier 2025 pour ses publications sur Facebook, a été inculpé pour atteinte à la sécurité intérieure.
  • Plus récemment, les manifestations de juin et juillet 2025 ont entraîné l’arrestation d’au moins 31 personnes, dont l’activiste Folly Satchivi.

Ces cas soulèvent une question cruciale : la libération annoncée concernera-t-elle uniquement les prisonniers jugés et condamnés, ou également ceux détenus sans procès ?

Aziz Gomah en grève de la faim

Dans ce contexte tendu, Aziz Gomah, figure emblématique du groupe portant son nom, a entamé une grève de la faim depuis six jours. Son objectif est clair : dénoncer les conditions inhumaines de détention et alerter sur la dégradation de son état de santé ainsi que celui de ses codétenus.

Cette démarche radicale résonne comme un cri d’alarme, mettant en lumière l’urgence humanitaire derrière le débat politique.

Un mouvement de solidarité qui s’élargit

La grève de la faim d’Aziz Gomah a déjà trouvé un écho. L’artiste Fadel Prince, de son vrai nom Ouattara Abdoul-Fadel, détenu dans l’affaire « Tigre Révolution », a annoncé qu’il entamera également une grève de la faim le 3 septembre 2025.

Cette multiplication d’initiatives individuelles pourrait marquer un tournant, forçant les autorités à réagir sous la pression de l’opinion publique et des organisations de défense des droits humains.

Un test pour la volonté politique du régime

Si les rumeurs de libérations partielles se confirment, elles constitueraient une première étape vers une décrispation politique. Mais la sélectivité des libérations risque d’attiser la colère des familles de détenus non concernés.

Les observateurs politiques estiment que la libération de figures telles que Kpatcha Gnassingbé, demi-frère de l’actuel président, ou d’Aziz Gomah, pourrait être utilisée comme un geste symbolique pour restaurer une image d’ouverture. Mais dans un pays où les promesses politiques sont souvent restées lettre morte, la prudence reste de mise.

Conclusion : espoir ou simple diversion ?

Entre annonces officieuses et réalité carcérale, la question reste entière : assiste-t-on à un véritable projet d’apaisement politique ou simplement à une stratégie de communication destinée à calmer les tensions sociales ?

Le sort d’Aziz Gomah et des autres prisonniers politiques, dont les conditions de détention suscitent l’indignation, sera un révélateur de la volonté réelle du pouvoir togolais de tourner la page des détentions arbitraires.

Derrière les chiffres et les noms, ce sont des vies humaines en jeu. La balle est désormais dans le camp des autorités, sommées d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

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