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Togo / Municipales 2025 : La Cour suprême retire 26 listes des opposants ,l’opposition hors-jeu ?
À un mois des élections municipales prévues pour le 17 juillet 2025, la Cour suprême du Togo a rejeté 26 listes électorales, dont 25 issues de l’opposition. L’annonce a été rendue publique le 13 juin à Lomé, suscitant des réactions contrastées dans le paysage politique togolais. Sur les 520 listes soumises, 494 ont été validées, laissant l’opposition face à une nouvelle défaite avant même le début de la campagne.

Des motifs techniques mais lourds de conséquences
Dans son arrêt publié par la chambre administrative, la Cour évoque plusieurs irrégularités graves comme justification du rejet :
- Nombre incorrect de candidats (trop ou pas assez sur une même liste)
- Cas de double inscription de certains candidats
- Cartes d’électeurs identiques utilisées par des personnes différentes
- Absence de nationalité togolaise pour certains postulants
- Non-paiement du cautionnement électoral
- Incompatibilités d’âge ou de fonction
Ces fautes, qualifiées de « substantielles » par la haute juridiction, sont jugées suffisantes pour invalider purement et simplement les listes concernées.
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L’opposition fragilisée avant même le vote
La quasi-exclusion de l’opposition avec 25 listes rejetées sur 26 invalidées — pose question sur la capacité de ses formations à se préparer efficacement aux échéances électorales. Si certains partis dénoncent déjà une « stratégie d’élimination silencieuse », la Cour, elle, se retranche derrière la rigueur procédurale et le respect du Code électoral.
Ce revers pourrait affaiblir encore davantage la représentativité locale de l’opposition, déjà marginalisée lors des scrutins précédents.

UNIR (parti au pouvoir) presque indemne
Fait notable : seule une liste du parti présidentiel UNIR a été rejetée, contre 25 de l’opposition. Un déséquilibre que plusieurs observateurs jugent préoccupant. Si la Cour se défend de toute orientation politique, cette asymétrie nourrit les suspicions d’une justice électorale à géométrie variable.
Une campagne sous tension en perspective
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) poursuit la préparation du scrutin, tandis que le lancement officiel de la campagne est prévu début juillet. Mais cette étape électorale se déroulera désormais dans un climat de défiance, avec des partis d’opposition lourdement amputés de leurs candidatures
Un enjeu de démocratie locale
Les municipales de 2025, censées renforcer la décentralisation et la gouvernance de proximité, risquent de se solder par une participation réduite et une représentativité déséquilibrée. Ce contexte ravive les critiques sur le manque d’inclusivité du processus électoral togolais, et sur le rôle des institutions dans le maintien d’un jeu démocratique équitable.
En résumé :
- 26 listes rejetées, dont 25 de l’opposition
- Irrégularités administratives majeures
- 494 listes validées pour le scrutin du 17 juillet
- Début de la campagne prévu pour début juillet
- Controverse sur la partialité des institutions électorales
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