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Togo : les allègements fiscaux dépassent 164 milliards FCFA en 2024
Le dernier rapport sur les dépenses fiscales révèle une progression marquante des compensations accordées par l’État togolais en 2024. Les allègements consentis aux entreprises et aux ménages ont atteint 164,1 milliards FCFA, contre 143,2 milliards FCFA un an plus tôt. Une augmentation de 14,6 % qui met en lumière la place grandissante des incitations fiscales dans la conduite des politiques publiques.
Une charge budgétaire qui pèse dans les recettes nationales
Les dépenses fiscales représentent désormais près d’un cinquième (18,6 %) des recettes liquides de l’État et 2,7 % du produit intérieur brut.
Autrement dit, pour chaque 100 francs collectés, près de 19 francs sont renoncés en faveur de mesures de soutien économique.
Ces dispositifs, devenus incontournables dans l’architecture financière du pays, posent toutefois la question du rendement fiscal réel et de l’efficacité des incitations accordées.
Un dispositif massif d’exonérations : 695 mesures recensées
Le rapport indique que le Togo a appliqué 695 mesures dérogatoires en 2024.
Cependant, seules 506 ont pu être valorisées financièrement — soit 72,8 % du total — révélant un besoin de consolidation statistique pour mesurer avec précision l’impact des dispositifs les moins documentés.
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La TVA, talon d’Achille des recettes fiscales
Les pertes les plus importantes proviennent de la Taxe sur la valeur ajoutée, dont les dérogations ont coûté 70,3 milliards FCFA (42,9 % du montant total).
S’y ajoutent :
- Impôt sur les sociétés : 42,8 milliards FCFA
- Redevance statistique : 21,5 milliards FCFA
- Droits de douane : 20,7 milliards FCFA
- Patente et droits d’accises : 6,8 milliards FCFA
- IRPP : 1,4 milliard FCFA
Les autres taxes (solidarité nationale, foncier) n’ont généré que des pertes marginales.
Un secteur privé largement favorisé
Les entreprises demeurent les premiers bénéficiaires des mesures fiscales, captant 50,6 % des avantages.
Les dispositifs mixtes, profitant à la fois aux acteurs économiques et aux ménages, représentent 42,7 %, tandis que les administrations et entités publiques ne totalisent que 5,1 % des avantages.
Cette orientation confirme la stratégie gouvernementale consistant à renforcer la compétitivité du tissu productif, notamment dans un contexte de diversification économique.
Un défi majeur : soutenir l’économie sans affaiblir les recettes
L’augmentation des dépenses fiscales nourrit un débat récurrent : celui de l’arbitrage entre incitation économique et mobilisation budgétaire.
Les exonérations contribuent à dynamiser des secteurs productifs, certes, mais elles réduisent en parallèle les marges de manœuvre financières de l’État.
Cette tension oblige les autorités à améliorer le ciblage et l’évaluation des dispositifs fiscaux.
Pour 2025, la barre est fixée haut : l’Office togolais des recettes (OTR) vise 1 208,4 milliards FCFA de recettes mobilisées.
