Se connecter avec nous

Actualités

Togo – Le ministre Adjourouvi face aux accusations de désinformation : Nathaniel Olympio monte au créneau

Togo – Le ministre Adjourouvi face aux accusations de désinformation : Nathaniel Olympio monte au créneau

Alors que le ministre togolais des Droits de l’Homme, Pacôme Yawovi Adjourouvi, s’exprimait récemment sur la chaîne France 24 à propos de la situation des libertés publiques au Togo, ses déclarations ont déclenché une vive réaction de Nathaniel Olympio, porte-parole du Front “Touche Pas à Ma Constitution”. Entre accusations de mensonge, bilan liberticide et silence sur les détenus politiques, le climat politique togolais s’échauffe à nouveau.

csaf

France 24 : une tribune controversée pour le pouvoir togolais

Dans un contexte politique particulièrement tendu, l’apparition du ministre Pacôme Adjourouvi sur France 24 une chaîne pourtant suspendue sur le territoire togolais n’a pas manqué de surprendre. Vantant les prétendues avancées en matière de libertés publiques au Togo, le ministre a dressé un tableau que Nathaniel Olympio juge totalement déconnecté de la réalité.

« C’est ahurissant de voir le ministre Pacôme Yawovi Adjourouvi raconter autant de balivernes à la face du monde », s’indigne l’opposant. Ce dernier accuse le membre du gouvernement de déformer intentionnellement les faits pour apaiser l’opinion internationale, tout en occultant les restrictions qui pèsent sur les citoyens togolais.

Liberté de manifester : une illusion depuis 2019 ?

La ligne d’attaque de Nathaniel Olympio est claire : démonter, point par point, les affirmations du ministre. Il rappelle qu’au Togo, la dernière manifestation autorisée s’est tenue en janvier 2019. Depuis, le gouvernement a successivement pris des mesures rendant quasi impossible tout rassemblement public.

Tout d’abord, une loi adoptée cette même année est qualifiée de « liberticide » par l’opposition. Ensuite, en 2022, le gouvernement a officiellement interdit les manifestations au nom de la lutte contre le terrorisme une décision toujours en vigueur aujourd’hui.

Pour Olympio, il s’agit d’une stratégie bien rodée de neutralisation de toute contestation sociale. « Ce que le ministre a fait, c’est tout simplement mentir à l’opinion internationale », tranche-t-il.

Les détenus politiques : une question restée lettre morte

Autre sujet que Nathaniel Olympio remet au centre du débat : celui des prisonniers politiques. Dans une lettre adressée au ministre le 29 août 2024, le Front “Touche Pas à Ma Constitution” exigeait des réponses sur la détention prolongée et jugée arbitraire de plusieurs opposants au régime.

Un an après, silence radio du côté des autorités. Ce mutisme, pour Nathaniel Olympio, en dit long sur le mépris du gouvernement envers ses obligations en matière de droits humains. « Il n’a même pas eu la courtoisie de répondre à ce courrier. Fascinant ! », lance-t-il avec amertume.

CSAF

Une communication qui interroge jusqu’à l’international

L’ironie est totale : pendant que le ministre s’exprimait sur une chaîne suspendue au Togo, ses propos flatteurs contredisaient les réalités vécues au quotidien par les citoyens. En ce sens, Nathaniel Olympio pose une question cruciale : le Togo cherche-t-il à rassurer ses partenaires étrangers au détriment de la vérité ?

Cette intervention sur France 24, plutôt que d’apaiser, a donc ravivé les tensions. Elle révèle aussi la fracture entre le discours officiel, construit pour l’extérieur, et la perception intérieure, marquée par des restrictions persistantes et des frustrations croissantes.

Vers une nouvelle phase de contestation ?

Avec cette nouvelle prise de parole, Nathaniel Olympio semble relancer la dynamique de mobilisation du Front “Touche Pas à Ma Constitution”, qui avait été partiellement mise en veille par les interdictions. Il pourrait également s’agir d’un signal lancé à la société civile, pour qu’elle se réengage dans un débat devenu étouffé depuis plusieurs années.

En dénonçant les « contre-vérités » du gouvernement, l’opposant rappelle une chose essentielle : au Togo, les libertés ne sont pas acquises, et la bataille pour leur restauration est loin d’être terminée.

Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

CSAF

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION