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Togo / Dzogblakopé sous tension : 7 hectares, 300 familles, et une église au cœur d’un conflit foncier

Togo / Dzogblakopé sous tension : 7 hectares, 300 familles, et une église au cœur d’un conflit foncier

Ce village paisible de la commune Zio 1 vit depuis plusieurs jours au rythme d’une contestation populaire inédite. En toile de fond : un projet de construction lancé par l’Église Foi Bahá’íe sur une parcelle de 7 hectares, occupée depuis plus de trente ans par près de 300 familles. Entre tranchées creusées devant les habitations, titres fonciers contestés, et silence pesant des autorités traditionnelles, les habitants dénoncent une tentative d’éviction orchestrée sous couvert de légalité. Déterminés à défendre leurs droits, ils interpellent désormais les pouvoirs publics pour qu’éclate enfin la vérité dans cette affaire foncière devenue explosive.

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Ces habitants, établis sur ces terres depuis plus de trois décennies, affirment avoir acquis leurs parcelles auprès de la collectivité Afatchao et Avotri, considérée historiquement comme propriétaire du site. Ils s’estiment aujourd’hui menacés par une initiative unilatérale qui met en péril leurs foyers et leur stabilité.

Un chantier qui soulève plus de questions que de réponses

Tout a commencé lorsque des ouvriers, sous prétexte de réhabilitation de voiries, ont creusé de profondes tranchées à proximité immédiate de plusieurs habitations. Rapidement, les résidents ont découvert qu’il ne s’agissait pas de travaux publics, mais bien d’un projet de construction porté par l’Église Foi Bahá’íe. Celle-ci s’appuierait sur un jugement judiciaire pour légitimer son implantation, mais ce point est vivement contesté.

La collectivité Afatchao et Avotri affirme, de son côté, n’avoir reçu aucune notification de décision définitive de justice confirmant une perte de propriété. Cette confusion juridique nourrit la colère des acquéreurs et jette le doute sur la légitimité du projet en cours.

Un chef traditionnel silencieux, une communauté laissée sans réponse

L’absence de dialogue entre les résidents et les autorités locales ne fait qu’aggraver les tensions. Les tentatives des habitants pour rencontrer le chef du village sont restées sans suite. Face à cette impasse, ils ont porté l’affaire devant la gendarmerie de Kpomé, où une convocation a été adressée aux représentants de l’Église Foi Bahá’íe.

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Lors de l’audition, le commandant de brigade aurait exigé la présentation d’un titre foncier légal. À ce jour, ce document crucial n’a pas été remis aux habitants, qui continuent de réclamer la transparence sur cette affaire aux implications sociales majeures.

Une mobilisation citoyenne pour défendre des décennies d’existence

Pour les résidents de Dzogblakopé, il ne s’agit pas seulement d’une affaire de terres, mais de survie. “Cela fait plus de 30 ans que nous vivons ici. Nous avons construit nos maisons, fondé nos familles, créé une vie. Comment peut-on vouloir nous effacer de la carte en un instant ?”, s’indigne un père de famille.

La communauté compte plus de 300 ménages, avec des écoles, un dispensaire et une vie locale bien installée. Les habitants dénoncent une injustice et appellent à l’intervention des plus hautes autorités administratives et judiciaires. Certains évoquent même la nécessité d’une commission indépendante pour démêler les responsabilités et rétablir la vérité.

Des travaux toujours en cours, malgré une contestation unanime

Malgré l’ampleur de la mobilisation, les signaux envoyés par le terrain ne sont guère rassurants. Des chargements de fer et de gravier continuent d’être acheminés sur le site, démontrant que les responsables du projet n’ont pas l’intention de faire marche arrière. Toutefois, une trêve temporaire aurait été obtenue grâce à l’intervention de la gendarmerie, dans l’attente d’une clarification sur le plan juridique.

La situation à Dzogblakopé est désormais un test pour l’État de droit au Togo : la reconnaissance des droits fonciers des communautés, la transparence judiciaire et la responsabilité des institutions sont des enjeux centraux dans ce bras de fer.

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