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Tension dans l’enseignement : Cette pression sur les enseignants va-t-elle dégénérer ?

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Dans les établissements secondaires du Grand Lomé, le climat scolaire s’est brusquement tendu depuis le début du mois de décembre. À l’approche des congés de Noël, une note émanant de l’Inspection du Golfe, datée du 7 décembre 2025, a déclenché une vague de mécontentement parmi les enseignants. Le document enjoint ces derniers à corriger les copies du premier trimestre et à remettre les bulletins aux élèves avant le départ en congé.

Une instruction perçue par beaucoup comme irréaliste, voire déconnectée des conditions de travail sur le terrain.

Entre incompréhension et colère dans les salles de professeurs

Au départ, certains enseignants ont cru à une simple recommandation visant à accélérer le processus administratif. Mais la tenue de réunions dans plusieurs établissements, au cours desquelles les chefs d’établissement ont insisté avec fermeté sur l’application stricte de la note, a ravivé les tensions.

Pour nombre d’enseignants, cette pression supplémentaire s’ajoute à un calendrier déjà surchargé, sans concertation préalable ni prise en compte des contraintes réelles du métier.

Des enseignants surveillants sans marge de manœuvre

La situation est d’autant plus délicate que les enseignants concernés sont également ceux qui assurent la surveillance des compositions. Ce rôle les empêche de commencer les corrections pendant les évaluations. Or, dès la semaine suivante, les cours reprennent normalement, sans période officiellement dégagée pour la correction.

Malgré cela, l’administration insiste pour que les bulletins soient prêts avant les congés. Une exigence qui laisse perplexes de nombreux enseignants, qui s’interrogent sur la faisabilité concrète d’une telle instruction.

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Des classes surchargées, une réalité ignorée

Autre facteur aggravant : la surpopulation des salles de classe. Dans plusieurs collèges de Lomé, certaines classes comptent entre 100 et 130 élèves. Certains enseignants gèrent jusqu’à sept ou huit classes, ce qui représente plusieurs centaines de copies à corriger en un temps record.

Face à cette réalité, beaucoup s’interrogent sur la capacité de la hiérarchie à mesurer l’ampleur de la charge de travail imposée. Pour les enseignants, il ne s’agit pas d’un refus de travailler, mais d’un appel au réalisme.

Le risque d’un regain de tensions sociales

Alors que le secteur éducatif togolais connaissait ces derniers mois un relatif apaisement, cette nouvelle pression fait craindre une résurgence des tensions syndicales. Des voix s’élèvent pour appeler à une implication rapide du ministre des Enseignements primaire, secondaire et technique, afin d’éviter une escalade.

Les enseignants estiment que si l’administration souhaite disposer plus tôt des bulletins, des ajustements structurels sont nécessaires : avancer les dates de composition, alléger les effectifs ou prévoir des périodes spécifiques de correction.

Un appel au dialogue et à des solutions durables

Pour de nombreux acteurs du système éducatif, imposer un délai d’une semaine pour produire des bulletins, tout en maintenant les cours et avec des classes surchargées, relève de l’impossible. Ils plaident pour un dialogue constructif, fondé sur la réalité du terrain, afin de préserver la stabilité du système éducatif et le bien-être des enseignants.

À défaut de solutions concertées, préviennent-ils, la pression actuelle pourrait rapidement se transformer en crise ouverte.

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