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SNI de Gbatopé : le licenciement de 8 employés dont 3 délégués du personnel engendre un bras de fer
La situation sociale au sein de la Société Nouvelle Industrie (SNI), installée à Gbatopé dans la préfecture de Zio, continue de susciter une vive inquiétude. Malgré l’implication des autorités administratives et sécuritaires locales, les responsables de cette entreprise, majoritairement de nationalité libanaise, sont accusés par les travailleurs de maintenir des pratiques assimilées à des traitements abusifs et dégradants.
Des tensions sociales qui s’enlisent
Selon plusieurs employés qui ont saisi la presse, les interventions successives du préfet de Zio, de la Brigade de recherche et d’investigation (BRI) de la gendarmerie, ainsi que de la Direction du Travail, n’ont pas permis d’apaiser durablement le climat social. Les travailleurs dénoncent un environnement marqué par le harcèlement, la pression constante et le non-respect des droits fondamentaux des employés.
Ils pointent du doigt la direction générale de la société, conduite par Taleb Mazeh, entouré de proches collaborateurs, ainsi que des relais locaux, accusés de se comporter en toute impunité.
Des licenciements après une grève contestée
Le conflit a pris une nouvelle tournure avec la notification de licenciement adressée à huit employés, dont trois délégués du personnel. Cette décision fait suite à une journée de grève observée le 10 novembre 2025, que la direction qualifie de « mouvement illicite ».
Dans une lettre de demande d’explications datée du 16 décembre 2025, la SNI reproche aux travailleurs concernés d’avoir déserté leurs postes, érigé des barricades, proféré des menaces, dégradé du matériel et perturbé gravement le fonctionnement de l’usine, allant jusqu’à entraîner la blessure d’un agent des forces de l’ordre.
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Une procédure contestée devant l’Inspection du travail
Face à ces accusations, les employés mis en cause ont saisi la Direction régionale du Travail de Tsévié. Une réunion de médiation s’est tenue le 7 janvier, en présence des représentants syndicaux et des responsables de l’usine.
La direction de la SNI, par l’entremise de son représentant juridique, a maintenu ses accusations de « fautes lourdes » contre les délégués du personnel, justifiant ainsi sa demande d’autorisation de licenciement conformément au Code du travail.
Le rejet provisoire des licenciements par l’administration
Après avoir entendu les différentes parties, la Direction du Travail a estimé que les preuves avancées par l’employeur étaient insuffisantes. Elle a notamment relevé des incohérences dans la procédure, dont la notification tardive des demandes d’explications et l’absence d’éléments matériels établissant clairement les faits reprochés.
Un délai d’un mois avait été accordé à la SNI pour produire des preuves supplémentaires avant toute décision définitive.
Une décision unilatérale qui relance la crise
Malgré cette position de l’administration, la direction de la SNI a procédé, quelques jours plus tard, au licenciement effectif des huit employés, y compris les trois délégués du personnel. Une décision que les travailleurs qualifient d’illégale et de provocatrice, d’autant plus que, selon eux, une procédure pénale liée à la grève avait déjà été classée par le tribunal de Tsévié.
Des employés déterminés à poursuivre le combat
Les travailleurs licenciés affirment ne pas se résigner face à ce qu’ils considèrent comme une injustice manifeste. Soutenus par plusieurs organisations syndicales, ils envisagent de poursuivre les démarches légales afin d’obtenir réparation et de faire reconnaître leurs droits.
Cette affaire relance, une fois de plus, le débat sur le respect du droit du travail, la protection des délégués du personnel et le rôle de l’État dans la régulation des relations professionnelles au sein des entreprises privées au Togo.
