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Sécurité au Sahel : le Mali, le Burkina et le Niger veulent rompre avec l’héritage militaire occidental et créent leur propre armée unifiée

Sécurité au Sahel : le Mali, le Burkina et le Niger veulent rompre avec l’héritage militaire occidental et créent leur propre armée unifiée

Les ministres de la Défense du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunis à Bamako, ont franchi une étape majeure dans la construction d’un modèle de sécurité et de défense autonome au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Sous la présidence du Général Sadio Camara, ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, les travaux se sont tenus à l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye. Cette réunion de haut niveau visait à consolider la coopération militaire tripartite et à poser les bases concrètes d’une Force unifiée de défense (FU-AES) propre aux réalités de la région.

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Échec des modèles extérieurs : vers une approche contextuelle

Au cœur des discussions : l’échec des modèles de sécurité imposés par les partenaires internationaux. Malgré les multiples soutiens étrangers depuis une décennie, le terrorisme, le trafic de drogue, la criminalité transfrontalière et les insurrections armées continuent de fragiliser l’espace sahélien.

Face à ce constat, les ministres ont convenu que seule une approche souveraine, enracinée dans les réalités locales, peut répondre efficacement aux défis sécuritaires actuels. Il s’agit, selon eux, d’une rupture volontaire avec les schémas hérités, au profit d’un système défensif reposant sur la solidarité stratégique entre les trois États membres de l’AES.

Coopération militaire renforcée : premiers résultats concrets

Depuis la création de l’AES, les chefs d’états-majors des armées nationales se réunissent régulièrement dans un cadre de concertation permanent. Ce mécanisme a permis la planification et la conduite d’opérations militaires conjointes dans les zones frontalières partagées.

Le Général Sadio Camara s’est félicité de cette avancée, soulignant que ces actions ont renforcé la confiance mutuelle entre les forces armées et abouti à des résultats tangibles sur le terrain. Cette coopération est soutenue activement par les trois chefs d’État, qui ont donné des directives claires en faveur de la consolidation d’une architecture de défense commune.

Une force unifiée en gestation

L’un des grands enjeux de la rencontre de Bamako a été la validation politique et stratégique de la future Force unifiée de l’AES (FU-AES). Cette entité opérationnelle aura pour mission de pacifier les zones sensibles, assurer la souveraineté sécuritaire des trois pays et répondre rapidement aux menaces transnationales.

Les ministres ont également travaillé sur un protocole additionnel de coopération en matière de défense et de sécurité, qui devrait poser les bases juridiques du fonctionnement de cette force conjointe. Ce document, encore à l’état de projet, pourrait devenir un pilier juridique essentiel à l’édification d’un modèle sécuritaire durable.

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L’ambition d’un modèle propre à l’AES

Pour le Général Salifou Mody, ministre nigérien de la Défense, « le contexte actuel nous impose de passer à un nouveau modèle ». Il a insisté sur la nécessité de forger une doctrine de sécurité adaptée aux valeurs, à l’environnement et aux réalités géographiques et sociales du Sahel.

Au-delà d’un simple outil militaire, la FU-AES serait le symbole d’une souveraineté retrouvée, l’expression d’une volonté politique affirmée de rompre avec la dépendance sécuritaire externe. Il ne s’agit donc pas seulement de réagir, mais de reprendre la main sur le destin collectif de la région.

Une étape politique décisive pour l’AES

En somme, cette rencontre de Bamako marque un tournant historique dans l’architecture sécuritaire du Sahel. L’AES, désormais confédération politique assumée, entend prouver que la solidarité régionale et la vision partagée peuvent constituer des remparts efficaces contre les menaces qui gangrènent la zone.

Avec la création prochaine de la Force unifiée et l’élaboration d’un cadre juridique cohérent, les États du Sahel affirment leur ambition de sécurité endogène. Reste à voir si ce modèle pourra être suffisamment structuré, financé et soutenu par les populations locales, pour devenir un référentiel inspirant pour d’autres régions africaines confrontées à des défis similaires

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