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Scandale judiciaire à Sokodé : Kokoroko accusé de falsification et de collusion
Le Tribunal de grande instance de Sokodé est secoué par une polémique sans précédent. Le président du tribunal, Kokoroko Koku Dzifa, est accusé de faux et d’usurpation de nom pour avoir rendu deux jugements à l’insu d’un juge et antidaté les décisions. Cette affaire soulève des questions cruciales sur le respect des règles judiciaires et la transparence dans le système judiciaire togolais.
Une affaire qui éclate au grand jour
Tout commence avec un courrier daté du 21 septembre 2024, adressé au Garde des sceaux, ministre de la Justice et de la Législation. Dans ce document, le juge Gnandi Baba dénonce l’inclusion frauduleuse de son nom sur deux décisions de justice rendues alors qu’il n’avait pas siégé. Les jugements en question, portant les numéros ADD 034/FD/2024 et ADD 035/FD/2024, ordonnaient la mise en liberté provisoire de deux prévenus.
Selon le juge, ces décisions ont été rendues en cabinet le 04 avril 2024 par le président Kokoroko et le greffier, mais antidatées pour apparaître comme ayant été prises lors de l’audience publique ordinaire du 03 avril 2024. Ce procédé constitue, selon lui, une violation manifeste du code de l’organisation judiciaire.
Les règles judiciaires violées
L’affaire pose une question fondamentale : un jugement rendu sans la formation collégiale obligatoire est-il valide ? Selon l’article 48 du code de l’organisation judiciaire (loi n°2019-015 du 30 octobre 2019), toute affaire pénale doit être jugée par un tribunal composé d’au moins trois magistrats du siège. L’article 49 exige que tous les magistrats participant à une décision soient mentionnés, et l’article 72 précise les modalités pour les audiences correctionnelles.
En rendant ces jugements à l’insu du juge Gnandi Baba et en antidatant les décisions, le président Kokoroko semble avoir outrepassé ces règles, soulevant de sérieuses inquiétudes sur la légalité et l’éthique de la démarche.
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Une confrontation tendue avec la presse
Le journal Liberté, ayant voulu vérifier la véracité des faits avec le président du tribunal, a reçu un accueil pour le moins hostile. Le magistrat a refusé de répondre clairement et aurait même lancé : « Foutez-moi le camp », avant de raccrocher au nez des journalistes. Plus tard, il les a renvoyés au ministre de la Justice, soulignant qu’ils n’avaient pas à s’immiscer dans la gestion du tribunal.
Cette réaction suscite de vives interrogations sur la transparence et la responsabilité dans la hiérarchie judiciaire togolaise.
Une histoire qui remonte à 2021
Le juge Gnandi Baba rappelle également qu’il avait déjà été accusé, à tort, de faux et de corruption en 2021. Ces accusations avaient été relayées par plusieurs médias, et malgré sa relaxe par le Conseil Supérieur de la Magistrature en 2022, la réputation du magistrat est restée entachée. Cette affaire actuelle vient donc raviver d’anciennes blessures et soulève la nécessité de clarifier les responsabilités de chacun.
Conséquences pour la justice togolaise
Au-delà de l’affaire elle-même, cette situation met en lumière des lacunes dans le système judiciaire : absence de contrôle rigoureux sur la formation collégiale, antidatation des jugements et manque de transparence dans la communication des décisions. Si ces pratiques ne sont pas sanctionnées, elles pourraient fragiliser davantage la confiance des citoyens dans la justice togolaise.
Conclusion : la loi doit primer
L’affaire Kokoroko rappelle que l’autorité judiciaire implique un respect strict des règles et de l’éthique. Même un président de tribunal, avec 25 ans de service, n’est pas au-dessus de la loi. La vigilance des journalistes et la transparence de la hiérarchie judiciaire restent essentielles pour garantir la justice et protéger les droits des justiciables.
#Kokoroko#
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