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Quatrième mandat pour Alassane Ouattara : la Côte d’Ivoire prête à revivre ses vieux démons ?

Quatrième mandat pour Alassane Ouattara : la Côte d’Ivoire prête à revivre ses vieux démons ?

Et si l’histoire allait se répéter, encore une fois ? Alassane Ouattara, 83 ans, a surpris ou plutôt confirmé les pires soupçons en annonçant sa candidature à un quatrième mandat présidentiel. Une décision qui suscite l’indignation, ravive les tensions et replonge la Côte d’Ivoire dans les ombres menaçantes de son passé. L’homme de Paris, qui avait juré céder le pouvoir à la jeunesse, invoque désormais le devoir, l’expérience, et les défis à venir pour justifier sa volte-face. Mais derrière ce discours bien rodé, beaucoup y voient surtout une manœuvre de plus pour garder la main sur un pays encore traumatisé par les crises postélectorales.

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« Le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi », a-t-il déclaré, affirmant que la Constitution autorise un autre mandat et que sa santé le lui permet.

L’opposition sceptique face aux justifications

La décision d’Alassane Ouattara est loin de faire l’unanimité. Déjà en 2020, son troisième mandat avait provoqué une vive controverse, qualifiée par certains de « cas de force majeure » justifiant sa réélection. Cette fois encore, les justifications avancées peinent à convaincre une partie de la population et de l’opposition, qui y voient un entêtement nuisible à la stabilité démocratique du pays.

Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé ou Tidjane Thiam, ont été écartées des listes électorales, alimentant le débat sur l’équité du processus électoral en cours. Charles Blé Goudé a d’ailleurs réagi en appelant à un leadership nouveau, capable de rassembler les Ivoiriens au sortir d’une période marquée par la crise post-électorale de 2010-2011.

« Celui dont la Côte d’Ivoire a besoin aujourd’hui, ce n’est pas seulement un chef d’État, c’est un leader », a-t-il déclaré.

Une mémoire encore vive : les fantômes de 2010

Le contexte politique ivoirien reste marqué par la mémoire des événements post-électoraux de 2010, qui avaient causé environ 3 000 morts. La victoire contestée d’Alassane Ouattara, soutenue alors par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et appuyée diplomatiquement par la France de Nicolas Sarkozy, avait entraîné l’arrestation de Laurent Gbagbo.

C’est dans ce climat de méfiance que s’inscrit la candidature du président sortant. Certains observateurs estiment qu’un nouveau cycle de tension pourrait émerger si les règles du jeu politique ne garantissent pas un minimum de consensus démocratique.

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Une légalité constitutionnelle, mais une légitimité discutée

Le pouvoir évoque la Constitution de la Troisième République de 2016, qui autorise deux mandats présidentiels. Selon le camp Ouattara, les deux précédents mandats effectués avant cette réforme ne sont pas pris en compte. L’opposition, quant à elle, s’appuie sur la lecture stricte du texte pour contester cette interprétation, y voyant une « attaque contre la démocratie ».

Le débat pose alors une question essentielle : peut-on légalement briguer un nouveau mandat, tout en perdant la légitimité politique et morale auprès d’une partie de la population ?

Vers des lendemains incertains

Alors que la Côte d’Ivoire se prépare pour l’échéance électorale d’octobre 2025, le retour d’Alassane Ouattara sur le devant de la scène ouvre un nouveau chapitre d’incertitude. Si certains saluent la stabilité qu’il incarne, d’autres redoutent une dérive autoritaire et un retour aux tensions passées.

À l’heure où plusieurs pays africains font face à des interrogations similaires sur la limitation des mandats présidentiels, le cas ivoirien pourrait faire jurisprudence et inspirer d’autres dirigeants.

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