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Le Togo en croisade pour la vérité historique de l’Afrique : Robert Dussey à la tête d’un combat mémoriel

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« Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. » C’est en s’appuyant sur ce proverbe africain que le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a lancé un vibrant plaidoyer pour rétablir la véritable histoire de l’Afrique. Lors de la conférence London Conference: 125 Years Later, Pan-Africanism and Dialogue on Reparation, tenue à la School of Oriental and African Studies (SOAS) à Londres le 9 avril dernier, le diplomate a dénoncé l’effacement du rôle historique des civilisations africaines dans la construction des droits humains.

La Charte du Mandé, oubliée de l’histoire universelle

Robert Dussey a particulièrement mis en lumière la Charte du Mandé, aussi appelée Charte de Kurukan Fuga, proclamée en 1236 lors de l’intronisation de Soundiata Keïta à la tête de l’Empire du Mali. Cette constitution africaine, antérieure de plus de 500 ans à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen française, prônait déjà la protection de la vie, l’éducation, l’harmonie sociale, la sécurité alimentaire et l’environnement. Pourtant, elle reste peu connue et peu enseignée, même en Afrique. « Il n’est pas vrai que les Africains ne savaient rien sur les droits humains », a affirmé Dussey.

Londres, point de départ d’une renaissance panafricaine

La conférence de Londres s’inscrit dans les préparatifs du 9ᵉ Congrès Panafricain, prévu en décembre prochain à Lomé. Dussey y voit une étape cruciale pour la réaffirmation des revendications africaines en matière de justice et de réparations historiques. Selon lui, depuis le premier congrès panafricain de 1900, chaque rassemblement a contribué à renforcer la résistance des peuples africains contre les injustices de la colonisation et de l’esclavage.

Réparation, justice et dialogue sincère

Le ministre a insisté sur le fait que les réparations attendues ne sont pas une révolution violente, mais un dialogue sincère et respectueux autour des torts subis par les peuples africains. « Ni le temps ni le mépris ne viendront à bout de notre détermination », a-t-il martelé, appelant à reconnaître la douleur des peuples africains et la nécessité d’un processus de réparation et de réconciliation.

CSAF

Une lutte partagée par les voix panafricaines du monde

De nombreuses personnalités africaines et de la diaspora ont apporté leur soutien à cette démarche. Akyaaba Addai-Sebo, figure majeure du panafricanisme, a dénoncé la colonisation comme « un acte de déshumanisation en série » et rappelé que le panafricanisme est un acte de « réhumanisation ». Eric Philips, président du Comité pour les réparations du Guyana, a pour sa part déclaré : « Les Noirs ne sont pas venus à Londres comme des orphelins d’un continent volé, mais comme les créanciers d’une dette non honorée. »

Une dynamique académique pour réécrire l’avenir

La conférence a également été l’occasion pour Laura Hammond, vice-rectrice adjointe de SOAS, de souligner l’engagement de l’institution pour l’échange équitable de savoirs avec l’Afrique. Des partenariats sont en cours avec des universités africaines, notamment l’Université du Witwatersrand, pour offrir des formations conjointes de qualité, souvent inaccessibles pour des raisons économiques.

Vers une année de mémoire et de renouveau

Enfin, Barryl Biekman, commissaire à la Commission des affaires de la diaspora africaine de l’Union africaine, a proposé que l’année 2026 soit déclarée année de mémoire et de renouveau, marquant le 25ᵉ anniversaire de la Conférence de Durban. Elle plaide pour que la justice raciale devienne un pilier central de la justice réparatrice.

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#Togo #panafricanisme #revolution

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