Société
Grand Lomé : des espaces publics transformés en dépotoirs, le MMLK interpelle les autorités
Deux ans après les opérations de libération des emprises publiques dans le Grand Lomé, le constat sur le terrain est loin des objectifs annoncés. Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) dénonce une situation préoccupante et appelle les autorités à rendre des comptes sur la gestion de ces espaces aujourd’hui laissés à l’abandon.

Un projet d’assainissement au résultat controversé à Lomé
Initialement, ces opérations visaient à dégager et assainir les trottoirs et espaces publics de la capitale togolaise. Mais selon plusieurs observations, ces zones autrefois occupées par des commerçants informels se sont progressivement dégradées.
Aujourd’hui, plusieurs anciens sites sont envahis par les déchets, les eaux stagnantes et une insalubrité généralisée, donnant l’image d’espaces totalement abandonnés.
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Des lieux devenus insalubres et à risque
Sur le terrain, le paysage urbain contraste fortement avec les objectifs initiaux. Là où se tenait autrefois une activité commerciale dynamique, on observe désormais des dépotoirs sauvages.
Cette situation entraîne non seulement des risques sanitaires pour les populations riveraines, mais favorise également l’insécurité dans certains quartiers, selon les constats du MMLK.
Le MMLK pointe un problème de gouvernance
Le Mouvement Martin Luther King, dirigé par le pasteur Edoh Komi, remet en cause la gestion du projet. L’organisation estime que les autorités locales n’ont pas suffisamment anticipé les conséquences des déguerpissements.
Elle critique notamment l’absence de véritables plans de réaménagement et de suivi après les opérations, ainsi que le manque d’alternatives proposées aux commerçants concernés.
Un impact social lourd pour les populations
Derrière cette situation, des milliers de familles sont directement touchées. Pour beaucoup, le commerce de rue constituait la principale source de revenus.
La disparition de ces activités, sans accompagnement suffisant, a aggravé la précarité de nombreux ménages et poussé certains à s’endetter ou à quitter la capitale pour survivre.
Les principales recommandations du MMLK
Face à cette situation, le mouvement de la société civile formule plusieurs recommandations, notamment :
- la réhabilitation urgente des anciens sites déguerpis
- l’élaboration d’un plan clair et budgétisé de réaménagement
- l’ouverture d’un dialogue avec les commerçants concernés
- la mise en place d’un moratoire sur les expulsions sans solution de relogement
- une gestion urbaine plus inclusive et centrée sur les populations
Un appel à une gestion urbaine plus humaine
Le MMLK rappelle que la gestion de la ville doit tenir compte des réalités sociales des populations. Selon l’organisation, une opération d’assainissement ne peut être considérée comme réussie si elle engendre insalubrité, pauvreté et exclusion.
Une interpellation forte qui relance le débat sur la gouvernance urbaine dans le Grand Lomé.
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