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Côte d’Ivoire : Moins de 50 % de réussite au BAC 2025 , un taux d’admission en recul et des soupçons de tricherie à l’IA

Côte d’Ivoire : Moins de 50 % de réussite au BAC 2025 , un taux d’admission en recul et des soupçons de tricherie à l'IA

La session 2025 du baccalauréat en Côte d’Ivoire s’est achevée ce lundi 7 juillet avec la proclamation officielle des résultats. Un moment de vérité pour plus de 300 000 candidats sur l’ensemble du territoire, mais une annonce qui a laissé place à la déception pour bon nombre d’élèves. En effet, le taux de réussite national s’élève à 40,15 %, marquant une baisse significative par rapport à l’année 2024, où le taux était de 44,19 %.

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Ce recul remet en question l’efficacité des dispositifs d’accompagnement pédagogique mis en place et ravive les débats sur les méthodes d’évaluation, l’équité entre établissements et la qualité de l’enseignement. Moins d’un candidat sur deux a franchi la barre symbolique de l’admission, révélant une fracture persistante entre les ambitions éducatives du pays et les réalités du terrain.

Une consultation numérique sous pression

Comme à l’accoutumée, les résultats ont été mis en ligne sur la plateforme officielle www.men-deco.org, où les candidats peuvent les consulter en saisissant leur numéro matricule. Toutefois, la ruée vers le site a provoqué d’importants ralentissements et même des blocages, générant stress et frustration parmi les familles et les élèves.

Cette saturation récurrente du système numérique montre une nouvelle fois les limites techniques de l’infrastructure du ministère face à une forte affluence. Certains parents demandent une diversification des canaux d’accès, voire un retour à l’affichage physique dans les établissements pour éviter la tension numérique.

Tricherie : l’autre échec du BAC 2025

Au-delà des statistiques officielles, une ombre plane sur cette session 2025 : la multiplication des cas de tricherie, souvent orchestrés à l’aide de nouvelles technologies. Le ministère de l’Éducation nationale a confirmé la saisie de plus de 1 000 téléphones portables dans les centres d’examen à travers le pays. Ces téléphones, parfois camouflés dans des toilettes, des poubelles ou glissés dans des sacs à dos, sont soupçonnés d’avoir servi à tricher via des applications de messagerie, de calcul ou d’intelligence artificielle.

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La Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) a été sollicitée pour analyser le contenu des appareils saisis. Des investigations sont en cours afin de déterminer si des réseaux organisés sont derrière ces tentatives de fraude. Certains enseignants affirment avoir vu des candidats recevoir des consignes en temps réel via des oreillettes connectées à leur téléphone, voire dicter des réponses générées par des outils d’intelligence artificielle.

Vers une nouvelle politique de sécurisation des examens ?

Face à cette situation préoccupante, le gouvernement promet un renforcement du dispositif de surveillance dès l’année prochaine. Des caméras de vidéosurveillance, des brouilleurs de signal, et des détecteurs de métaux pourraient être généralisés dans les centres sensibles. Le ministre Mariatou Koné a exprimé sa détermination à restaurer l’intégrité du système éducatif, tout en pointant « l’érosion des valeurs morales » dans certaines franges de la jeunesse.

Mais pour de nombreux observateurs, ces mesures sécuritaires, bien que nécessaires, ne suffisent pas. Ils appellent à un travail de fond sur l’éthique éducative, la valorisation de l’effort et la lutte contre la pression sociale qui pousse les élèves à chercher des raccourcis.

Un diplôme toujours plus convoité… mais fragilisé

Le baccalauréat, sésame pour l’université et souvent perçu comme le premier véritable jalon de réussite sociale, reste un objectif majeur pour les jeunes Ivoiriens. Mais à mesure que les tentatives de contournement des règles se multiplient, sa valeur symbolique et académique est mise à mal.

La session 2025, entre taux d’admission bas et tricheries technologiques, apparaît comme un signal d’alerte. Elle invite à une réflexion profonde sur la formation des jeunes, l’accompagnement des enseignants et la réforme du système éducatif pour en faire un levier de développement, et non un simple miroir des dérives sociétales.

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