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Côte d’Ivoire : Deux ans de prison pour Ghislain Assy d’avoir lancé une grève , Réclamer une prime est un crime ?

Côte d’Ivoire : Deux ans de prison pour Ghislain Assy d'avoir lancé une grève , Réclamer une prime est un crime ?

Ghislain Assy, enseignant et syndicaliste ivoirien, a été arrêté dans des conditions dénoncées comme brutales et humiliantes. Selon son témoignage, une dizaine d’hommes armés ont fait irruption à son domicile, armes pointées sur lui et sa famille. « J’ai cru à un enlèvement », confiera-t-il plus tard. Ce qui aurait pu ressembler à une opération contre un criminel s’est avéré être une interpellation liée… à un mot d’ordre de grève.

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Ce militant syndical a été poursuivi, puis condamné à deux ans de prison ferme pour avoir réclamé, avec ses collègues, une prime trimestrielle d’incitation promise par l’État mais jamais versée. Une revendication portée à travers une grève suivie à près de 80 % dans les établissements scolaires du pays.

Une condamnation qui fait polémique

La décision de justice a immédiatement déclenché une vague d’indignation, en particulier dans les cercles enseignants et syndicaux. Si Assy est pour le moment libre sans mandat de dépôt la condamnation demeure bel et bien inscrite : deux ans de prison ferme. L’appel n’y a rien changé, la cour a confirmé le verdict.

Pour l’avocat du syndicaliste, Me Léon Paul Boto, il s’agit clairement d’un procès politique. Il a annoncé un pourvoi en cassation afin de contester ce qu’il qualifie de « condamnation inconstitutionnelle ». Selon lui, son client n’a fait qu’exercer un droit fondamental garanti par la Constitution ivoirienne : le droit de grève.

Une liberté syndicale de plus en plus fragilisée ?

La condamnation de Ghislain Assy soulève de profondes interrogations sur l’état de la liberté syndicale en Côte d’Ivoire. En 2022, le gouvernement avait pourtant signé une trêve sociale avec les syndicats, promettant un climat apaisé et des avancées pour les fonctionnaires. Mais cette trêve semble désormais servir à museler toute contestation.

La base de l’accusation repose sur « l’entrave au fonctionnement du service public », un chef d’accusation jugé flou, extensible, et potentiellement dangereux pour la liberté d’expression syndicale. En criminalisant l’acte de grève, ce verdict ouvre un précédent lourd de conséquences pour tous les mouvements sociaux à venir.

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Une mobilisation qui ne faiblit pas

Du côté des syndicats, la réaction ne s’est pas fait attendre. L’intersyndicale IS-MENA, par la voix de son porte-parole David Bli Ble, a affirmé que « la lutte va se poursuivre jusqu’à la libération complète d’Assy ». Pour eux, cette condamnation est une manœuvre claire d’intimidation contre toute tentative de contestation du pouvoir en place dans le secteur éducatif.

La mobilisation ne faiblit pas : rassemblements, communiqués, soutien international… le dossier prend une tournure politique. De plus en plus de voix appellent à une révision du procès, voire à l’abandon pur et simple des poursuites contre Assy.

Une démocratie à l’épreuve de ses principes ?

Ce procès met en lumière une réalité troublante : dans un pays où les textes garantissent la liberté syndicale, leur application laisse à désirer. En condamnant un citoyen pour avoir appelé à une grève pacifique, la justice ivoirienne envoie un signal inquiétant sur l’espace accordé à la contestation sociale.

Ghislain Assy, malgré les risques, ne compte pas abandonner son engagement. Il déclare rester fidèle à ses convictions, prêt à poursuivre le combat pour des conditions de travail décentes. Son cas est désormais plus qu’une affaire judiciaire : il incarne un test pour la démocratie sociale en Côte d’Ivoire.

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