Economie
Café et cacao au Togo : l’urgence climatique s’impose
Au Togo, certaines réalités sont difficiles à accepter. Pourtant, selon les projections, d’ici 2050, plus de la moitié des zones actuellement favorables à la culture du café et du cacao au Togo pourraient devenir inadaptées au climat. Ces cultures seraient alors contraintes de migrer vers des zones plus élevées.

Des rendements menacés
Les conséquences pourraient être significatives. Les rendements agricoles devraient chuter de 10 à 20 % selon les scénarios étudiés. Ces données proviennent d’une évaluation des risques climatiques menée en 2025 par la FAO, présentée à Kpalimé lors d’un atelier réunissant les acteurs des filières café et cacao.
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Dans la région des Plateaux, principale zone de production du café, les perspectives sont préoccupantes. Dans un scénario optimiste, la baisse des rendements pourrait atteindre jusqu’à 10 % d’ici la fin du siècle. Dans un scénario plus pessimiste, les pertes pourraient grimper jusqu’à 20 %. Le cacao suit une tendance similaire.
De nouvelles contraintes internationales
Au défi climatique s’ajoute désormais une contrainte réglementaire. Le règlement européen sur la déforestation (RDUE) impose aux exportateurs de prouver que leurs produits ne sont pas liés à la destruction des forêts.
Pour les producteurs togolais, déjà confrontés à des difficultés structurelles, cette exigence représente à la fois un défi et une opportunité d’accéder à des marchés plus exigeants et potentiellement plus rémunérateurs.
Des solutions concrètes sur la table
L’atelier organisé à Kpalimé s’est voulu pragmatique, axé sur des solutions adaptées aux réalités locales. Parmi les pistes évoquées, l’agroforesterie apparaît comme une réponse clé. Cette approche consiste à associer les arbres aux cultures afin de protéger les sols, maintenir l’humidité et diversifier les sources de revenus.
La FAO encourage également l’adoption de technologies post-récolte adaptées aux nouvelles conditions climatiques, ainsi que le développement d’infrastructures plus résilientes pour sécuriser toute la chaîne de production.
Préserver une filière stratégique
Pour les responsables du Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao, cette initiative s’inscrit dans les plans de développement adoptés en 2024 pour moderniser ces secteurs.
Au-delà des enjeux économiques, il s’agit de préserver une activité essentielle pour des milliers de familles togolaises. La survie de ces filières repose désormais sur leur capacité à s’adapter rapidement aux nouvelles réalités climatiques.
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