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Alliance des États du Sahel : l’union douanière se renforce à grands pas

Alliance des États du Sahel : l’union douanière se renforce à grands pas

Bamako a accueilli une mission cruciale dédiée à l’harmonisation des politiques douanières entre les trois membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette rencontre de haut niveau marque une avancée majeure dans le processus d’opérationnalisation de l’union douanière, élément-clé du projet d’intégration économique porté par ces trois pays.

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Les travaux, qui ont duré trois jours, ont été marqués par des ateliers techniques, des concertations approfondies et des visites de terrain. Les directeurs généraux des douanes des trois pays ont été reçus en audience par le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, point culminant de cette mission.

Des résultats concrets et mesurables sur le terrain

Selon le bilan présenté lors de cette audience, plus de 75 % des mesures prévues dans la feuille de route AES 2024-2025 sont déjà mises en œuvre. Parmi les avancées notables : l’harmonisation des procédures de dédouanement, la mutualisation d’outils numériques et la mise en place de corridors transfrontaliers interconnectés.

Conséquences immédiates : les délais de franchissement des frontières ont baissé de trois jours sur l’axe Bamako-Ouagadougou, et les échanges commerciaux formels ont progressé de 11 % en seulement quatre mois.

Vers une douane « mobile et intelligente » au service de la souveraineté

Pour Amadou Konaté, Directeur général des douanes du Mali, cette dynamique ne se limite pas à des ajustements techniques : « C’est la matérialisation d’un projet politique de souveraineté partagée », a-t-il déclaré, saluant le travail collectif des équipes tripartites, aligné sur la vision des chefs d’État.

Le Premier ministre malien a lui aussi souligné l’évolution stratégique de la douane, désormais pensée comme une « frontière mobile et intelligente ». Un outil capable de lutter contre l’évasion fiscale, protéger les économies locales et stimuler un commerce régional mieux encadré.

CSAF

Prochaine étape : le plan d’action 2025-2027

Les regards se tournent désormais vers l’avenir avec l’élaboration du plan d’action AES 2025-2027, qui prévoit une nouvelle série d’innovations :

  • Création de cellules mixtes de contrôle douanier aux frontières ;
  • Interconnexion numérique complète des systèmes d’information ;
  • Valorisation des recettes secondaires douanières, encore peu exploitées.

Une rupture assumée avec la CEDEAO, mais pas une isolation

Bien que suspendus de la CEDEAO depuis 2023, les trois États de l’AES n’envisagent pas une rupture totale avec l’espace régional. L’une des priorités de la réunion de Bamako était d’examiner la compatibilité des mesures douanières AES avec le Tarif extérieur commun (TEC) de la CEDEAO et ses règles d’origine.

« Nous construisons une nouvelle souveraineté, mais nous restons conscients de la nécessité d’une cohérence commerciale régionale », a confié un haut responsable burkinabè, illustrant l’équilibre recherché entre affirmation politique et réalisme économique.

La douane comme pilier de la gouvernance intégrée au Sahel

Cette réunion illustre la volonté croissante de l’AES de s’ancrer dans des mécanismes institutionnels concrets et durables. Dans cette dynamique, la douane devient bien plus qu’un outil fiscal : elle s’impose comme un levier stratégique au service d’une gouvernance économique intégrée, tournée vers l’avenir du Sahel.

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