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AES, Russie, CEDEAO, France : Une paix fragile ou une stratégie bien calculée ?

AES, Russie, CEDEAO, France : Une paix fragile ou une stratégie bien calculée ?

Le communiqué conjoint publié le 22 mai 2025 à Bamako constitue un tournant majeur dans les relations tendues entre la Confédération des États du Sahel (AÉS – Burkina Faso, Mali, Niger) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CÉDÉAO). Cette rencontre, organisée dans un contexte de rupture annoncée, marque une volonté partagée d’engager un dialogue structuré, malgré des positions profondément divergentes.

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Un tournant diplomatique, pas une réconciliation

Bien que la tenue des consultations puisse être interprétée comme un signal d’apaisement, elle ne signifie en aucun cas une normalisation immédiate des rapports. La divergence des visions – souverainisme sécuritaire pour l’AES, coopération institutionnelle pour la CEDEAO – demeure un point de blocage majeur.

La référence explicite à l’intérêt supérieur des populations ouest-africaines, ainsi que le maintien temporaire de la libre circulation, traduisent toutefois une volonté de ne pas rompre brutalement les liens.

La sécurité, enjeu commun mais visions opposées

Le paragraphe 4 du communiqué met en lumière un point d’accord incontournable : la situation sécuritaire au Sahel. Face à un terrorisme transnational toujours actif, les deux blocs semblent convenir de la nécessité d’une coopération pragmatique. Ce terrain pourrait servir de socle minimal de convergence, bien que les approches restent opposées.

L’AÉS mise sur la montée en puissance des armées nationales et des alliances stratégiques alternatives (notamment avec la Russie), tandis que la CÉDÉAO continue de privilégier une approche multilatérale et partenariale, incluant des appuis occidentaux. Ce clivage doctrinal nourrit les suspicions et limite les perspectives d’un consensus solide.

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Libre circulation : une interdépendance difficile à dissoudre

Le maintien temporaire de la libre circulation des biens et des personnes révèle une vérité économique et sociale incontournable : les États de l’AÉS et de la CÉDÉAO restent étroitement liés. L’idée d’une intégration à la carte commence à émerger, préservant certaines dynamiques économiques tout en actant un désengagement politique progressif.

La monnaie commune CFA, toujours partagée, pourrait ainsi servir de pont à cette coopération sélective. Mais cette option suppose une ingénierie juridique et institutionnelle sophistiquée, ainsi qu’une volonté politique commune.

Un avenir incertain entre coexistence négociée et rupture

La tenue des consultations laisse entrevoir une fenêtre de dialogue, mais la situation reste instable. La crainte d’un effet domino au sein de la CÉDÉAO pourrait durcir les positions de l’organisation régionale. Tout dépendra désormais du choix des protagonistes : privilégier une coexistence négociée ou acter une rupture assumée.

Ce moment diplomatique, porteur d’espoir, exige désormais des actes concrets. Si la rupture frontale a été évitée, les négociations à venir seront ardues. Le climat reste fragile, et la sincérité de l’esprit de fraternité affiché à Bamako devra être mise à l’épreuve des faits.

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