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213 milliards dans l’éducation : le Togo investit, mais qui en profite ?
Le gouvernement togolais a déboursé 213 milliards FCFA pour le Plan Sectoriel de l’Éducation (PSE) en 2024. Ce chiffre impressionnant a été dévoilé par le ministère de l’Éducation nationale lors d’une session d’évaluation de la mise en œuvre du plan. Officiellement, cela représente 89,29 % du budget prévu dans la Loi de finances, qui s’élevait à 239 milliards FCFA . Mais au-delà de ces performances budgétaires, une question persiste : cet investissement massif a-t-il véritablement transformé le quotidien des élèves, des enseignants et des parents d’élèves togolais ?

Les chiffres d’un plan ambitieux
Comparé à l’année précédente, où 207 milliards FCFA avaient été utilisés, les dépenses en 2024 affichent une hausse de 2,7 %. Ces montants ont été rendus possibles grâce aux partenaires techniques et financiers, notamment la Banque islamique de développement (BID), la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD).
Le financement a permis de soutenir des projets phares comme :
- Le PAAQET (amélioration de l’accès et de la qualité),
- Le PAQEEB (qualité et équité de l’éducation de base),
- Le PAREC II (réforme des collèges),
- Et le développement de l’éducation inclusive à Mô et Bassar.
Des écoles en dur, mais un système encore fragile ?
Côté infrastructures, l’État affiche la construction de 1 098 salles de classe et la réhabilitation de 690 autres, du préscolaire au secondaire. Dans le technique et la formation professionnelle, 107 salles ont été bâties ou rénovées, accompagnées de 49 ateliers, 60 dortoirs, et 3 salles informatiques.
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Mais si les murs se multiplient, les défis restent bien réels : effectifs pléthoriques, déficit d’enseignants qualifiés, programmes inadaptés et décrochage scolaire. Les salles de classe suffisent-elles à garantir une éducation de qualité ?
Le pari de l’enseignement supérieur et de l’industrie
L’investissement touche aussi le supérieur. Le gouvernement met en avant la mise en service du bloc pédagogique WASCAL et la construction de deux centres de recherche. Le Centre de formation aux métiers de l’industrie (CFMI), lui aussi, voit ses capacités renforcées.
De quoi moderniser l’offre éducative ? Sans doute. Mais là encore, la pertinence des formations par rapport aux réalités du marché du travail pose question.

Un engagement politique… ou un effet d’annonce ?
Pour Dodzi Kokoroko, ministre chargé de l’enseignement, « le PSE est plus qu’un plan. Il est un engagement collectif pour faire de l’éducation un pilier de notre développement ». Une déclaration forte. Mais à la lumière des réalités de terrain, certains observateurs dénoncent un écart grandissant entre les investissements annoncés et l’impact réel sur les conditions d’apprentissage.
Le PSE : ambition 2030 ou mirage institutionnel ?
Prévu pour transformer le système éducatif d’ici 2030, le PSE repose largement sur des financements extérieurs. Cette dépendance budgétaire questionne la durabilité du modèle et son appropriation réelle par les acteurs locaux.
L’éducation, pilier du développement ? Oui. Mais encore faut-il que les milliards injectés ne servent pas seulement à construire des murs, mais aussi à former des esprits.
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