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Traite humaine : Un réseau de prostitution forcée démantelé
Trois jeunes femmes libérées d’un réseau de traite humaine témoignent de l’horreur vécue dans un hôtel transformé en centre d’exploitation sexuelle.

Un hôtel au cœur d’un réseau de traite humaine
Dans l’État de Katsina, au nord du Nigeria, une opération menée par l’agence nationale NAPTIP (Agence nationale pour l’interdiction de la traite des personnes) a permis de démanteler un vaste réseau de prostitution forcée. Ce réseau opérait à partir d’un hôtel transformé en véritable lieu d’exploitation sexuelle. Trois jeunes femmes y ont été secourues et leurs témoignages glaçants ont levé le voile sur l’ampleur de l’abus.
« Jusqu’à 20 hommes par jour » : des conditions inhumaines
L’une des victimes, profondément marquée, a raconté avoir été recrutée sous de fausses promesses d’un emploi stable et bien rémunéré. Mais dès son arrivée, son quotidien a viré au cauchemar : contrainte de se prostituer chaque jour, elle affirme avoir dû « coucher avec 10 à 20 hommes par jour », parfois même en étant malade ou pendant ses règles. Leurs revenus, pourtant issus de souffrances, étaient entièrement confisqués par une femme identifiée comme la « chairlady », nommée Amarachi.
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Drogues, surveillance et privation de liberté
Les jeunes femmes n’avaient aucun moyen d’échapper à leur calvaire. Selon leurs dires, elles étaient surveillées en permanence pour éviter toute tentative de fuite. Pire encore, on leur imposait chaque soir des boissons énergisantes afin de les maintenir « performantes » face à la cadence imposée. Cette exploitation, orchestrée avec méthode, les privait non seulement de liberté, mais aussi de dignité humaine.

Un trafic aux ramifications nationales et internationales
Les premières conclusions de l’enquête de NAPTIP révèlent que le réseau allait bien au-delà de la ville de Katsina. Il s’étendait à d’autres États nigérians et aurait même envoyé des jeunes filles à l’étranger, dans des établissements similaires. Ce qui laisse penser à une organisation structurée et étendue à plusieurs niveaux.
Trois arrestations, dont le gérant de l’hôtel
À ce stade, trois personnes ont été interpellées, notamment le gérant de l’hôtel, soupçonné d’avoir facilité, voire coordonné, les activités du réseau. L’enquête se poursuit pour identifier tous les complices et mettre fin à cette chaîne d’exploitation.
Un appel à renforcer la lutte contre la traite
Ce drame remet en lumière la vulnérabilité de nombreuses jeunes femmes au Nigeria, souvent attirées par de fausses offres d’emploi. Il souligne également la nécessité de renforcer la prévention, la surveillance des établissements suspects et la protection des victimes. NAPTIP, de son côté, promet de poursuivre ses efforts pour éradiquer ces réseaux criminels et offrir un avenir aux survivantes.
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